Biens mal acquis : Pascaline et Omar Denis Junior Bongo parmi les héritiers visés, mais pas Ali Bongo
Alors que le Parquet national financier (PNF) français a récemment requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de plusieurs membres de la famille Bongo dans l’affaire dite des « biens mal acquis » (BMA), de nouveaux éléments permettent d’identifier les principaux héritiers concernés. Parmi eux figurent notamment Pascaline Bongo et Omar Denis Junior Bongo. En revanche, l’ancien président Ali Bongo Ondimba ne fait pas partie des personnes visées par cette procédure. Entre satisfaction de Transparency International et contestation de la défense, les positions restent diamétralement opposées.

Pascaline et Omar Denis Junior Bongo figurent parmi les neuf enfants d’Omar Bongo pour qui le PNF demande un procès (image d’archives). © D.R.
Au lendemain des réquisitions du Parquet national financier (PNF) dans le dossier des « biens mal acquis », les contours des personnes appelées à comparaître se précisent. Sur les neuf enfants de l’ancien président Omar Bongo Ondimba pour lesquels le ministère public français demande un procès figurent notamment Pascaline Bongo, ancienne directrice de cabinet de son père, et Omar Denis Junior Bongo.
À l’inverse, Ali Bongo Ondimba, président du Gabon entre 2009 et 2023, n’est pas concerné par cette procédure, qui vise au total 18 personnes physiques et cinq personnes morales, dont BNP Paribas.
Pascaline Bongo au cœur des poursuites
Parmi les héritiers concernés, Pascaline Bongo apparaît comme l’une des principales personnalités visées. L’ancienne directrice de cabinet d’Omar Bongo est poursuivie notamment pour recel de détournement de fonds publics, blanchiment, corruption active et passive ainsi qu’abus de biens sociaux. La justice française s’intéresse notamment aux biens immobiliers qu’elle possède dans les quartiers les plus prisés de Paris.
Autre nom mis en avant dans les réquisitions du parquet : Omar Denis Junior Bongo, l’un des fils du défunt chef de l’État, récemment remarqué au Gabon à l’occasion de son mariage fastueux.
Le PNF estime que les biens concernés par cette vaste enquête auraient été acquis grâce à des fonds publics détournés, pour un patrimoine immobilier évalué à près de 85 millions d’euros.
Transparency International voit l’aboutissement d’un long combat
À l’origine de cette procédure engagée il y a plus de quinze ans, Transparency International France accueille favorablement les réquisitions du parquet.
Pour Sara Brimbeuf, responsable du plaidoyer sur les flux financiers illicites de l’ONG, « après plus de quinze ans de procédures, on se réjouit du fait qu’un procès aura lieu ».
Elle insiste également sur la portée de ce futur procès, qui ne concernerait pas uniquement les héritiers de l’ancien président gabonais.
« C’est important qu’il n’y ait pas simplement les ayants droit, mais qu’il y ait ces intermédiaires sur le banc des prévenus pour faire la lumière sur l’ensemble des responsabilités dans ces chaînes de blanchiment de l’argent qui vient de l’étranger », a-t-elle déclaré au micro de RFI.
La défense dénonce un dossier fondé sur des « préjugés »
Du côté de la défense, le discours est tout autre. Avocate de Pascaline Bongo, Me Corinne Dreyfus-Schmidt estime que les réquisitions du PNF s’inscrivent dans la continuité d’une procédure qu’elle juge davantage politique que juridique.
« Il y a des failles sérieuses dans ce dossier. Il y a un problème probatoire, parce qu’il ne suffit pas d’accuser les gens, il faut quand même démontrer à l’appui de ces accusations. On est beaucoup dans les préjugés, dans les approximations », soutient-elle.
L’avocate va plus loin en estimant que « la France se comporte comme un chevalier blanc après avoir été colonisatrice en Afrique », une posture qui, selon elle, ne contribuera pas à améliorer son image sur le continent.
La décision revient désormais aux juges
Les réquisitions du Parquet national financier ne préjugent pas de l’issue du dossier. Il appartient désormais aux magistrats instructeurs de décider s’ils suivent ou non les demandes du ministère public en ordonnant le renvoi des personnes mises en cause devant le tribunal correctionnel.
Si tel est le cas, le procès de cette nouvelle séquence de l’affaire des « biens mal acquis » pourrait se tenir en 2027, plus de quinze ans après l’ouverture de l’information judiciaire.















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