Bilan des 100 jours du MLHUC : la planification urbaine reprend pied
Au milieu des nombreux chiffres présentés par le ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre (MLHUC), un message moins visible mais important traverse le bilan des cent premiers jours : celui d’un État qui se redonne, étape par étape, les outils de base pour planifier ses villes. Cartes précises, photos aériennes, bornes de mesure : autant d’instruments longtemps oubliés.

Plans, perspectives et état d’avancement des travaux : inspection d’un chantier de logements. © GabonReview (capture d’écran)
Pendant des dizaines d’années, les villes gabonaises ont grandi sans véritable plan. Les schémas directeurs étaient dépassés, les cartes incomplètes, les règles peu suivies et les bornes de mesure souvent effacées. Libreville et ses environs se sont ainsi étalés sans cadre clair, et les villes de province encore davantage. C’est dire l’importance d’un chapitre du bilan qui, sans en faire l’annonce principale, remet la planification au cœur de l’action publique.
Des cartes précises et des photos aériennes neuves
Le ministère revendique la production de 135 cartes du Grand Libreville à l’échelle 1/5000e. À cette échelle, on voit chaque parcelle, chaque rue et chaque équipement : c’est l’échelle de référence pour penser une ville en détail. Dans les villes secondaires, des prises de vues aériennes ont été lancées à Lambaréné et Mouila. Elles fourniront, pour la première fois depuis longtemps, une image actualisée du tissu bâti.
En parallèle, le réseau géodésique a été renforcé à Ntoum, Moanda, Mounana et Mayumba. Concrètement, il s’agit des points de repère officiels qui permettent de mesurer le terrain avec précision. 92 fiches signalétiques de bornes ont par ailleurs été éditées à Libreville, Mouila, Tchibanga et Port-Gentil. Sans ces points de repère, aucun plan d’urbanisme ni aucun titre foncier ne peut être établi correctement.
Des outils aux projets concrets
Le travail dépasse la simple boîte à outils. Le ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre (MLHUC) annonce la rédaction de cahiers des charges pour aménager douze sites stratégiques, ainsi que l’extension de douze découpages cadastraux dans le Grand Libreville. Le projet de ville Lebamba II et l’aménagement de parcelles sur le site de la Plaine-Ayémé, à Ntoum, complètent ce tableau : la planification avance à la fois dans la capitale et dans les zones plus éloignées.
L’ensemble est cohérent : de la borne de mesure à la parcelle aménagée, en passant par la carte et le plan, le MLHUC replace son action dans la chaîne classique de la construction d’une ville. À ce stade, ce qui frappe, ce n’est pas une inauguration spectaculaire, mais la patience d’un travail préparatoire. Reste à savoir si ce travail discret produira, à terme, des villes mieux dessinées et plus vivables.












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