Représentant le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, au Forum de Boao organisé à Perth, en Australie, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a exposé la stratégie gabonaise de transition industrielle. Devant des investisseurs et décideurs internationaux, il a défendu un modèle fondé sur la transformation locale des ressources, l’innovation, l’intelligence artificielle et une industrialisation respectueuse de l’environnement, tout en plaidant pour un renforcement des partenariats financiers au service de cette ambition.

Hermann Immongault pendant son intervention, lors des échanges. © Com. VPG

 

Le Gabon entend changer de statut sur l’échiquier économique mondial. Au Forum de Boao à Perth, lors du panel consacré aux « Facteurs favorisant la croissance de l’industrie verte – l’innovation, l’IA et la coopération financière », Hermann Immongault a porté le message des autorités gabonaises en faveur d’une industrialisation à forte valeur ajoutée, fondée sur la transformation locale des ressources naturelles et la transition écologique.

Représentant le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, le vice-président du gouvernement a présenté un Gabon déterminé à dépasser son rôle historique de simple exportateur de matières premières pour devenir un acteur de référence de l’économie bas carbone.

Transformer les ressources plutôt que les exporter

Face à un auditoire composé d’investisseurs et de responsables économiques internationaux, Hermann Immongault a rappelé que le Gabon dispose d’atouts majeurs, entre ses vastes forêts, ses minerais stratégiques et son important potentiel énergétique. Mais, a-t-il insisté, ces richesses doivent désormais servir à bâtir une véritable industrie nationale.

« Le Gabon ne souhaite pas être uniquement un fournisseur de matières premières. Nous voulons construire des chaînes de valeur complètes », a-t-il déclaré, faisant de l’intégration verticale, de la transformation locale et du contenu local les piliers de la stratégie économique du pays.

Selon lui, la souveraineté économique ne peut se limiter à l’exploitation des ressources naturelles. Elle doit également générer des emplois, renforcer les entreprises nationales et créer davantage de valeur au bénéfice des populations.

« L’industrialisation durable ne peut être pleinement réussie que si elle bénéficie directement aux entreprises nationales, aux travailleurs gabonais et aux communautés locales », a-t-il souligné.

Le modèle de Nkok comme vitrine

Un moment des échanges. © Com. VPG

Pour illustrer cette orientation, le vice-président du gouvernement s’est appuyé sur l’exemple de la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok, développée par GSEZ. Première zone industrielle africaine certifiée neutre en carbone selon la norme ISO 14064-1, elle intègre notamment la valorisation des résidus de bois ainsi que le recyclage des plastiques et des pneus usagés.

Une expérience que Libreville entend désormais reproduire à plus grande échelle.

« Notre ambition est aujourd’hui d’amplifier cette réussite et d’étendre progressivement ce modèle à d’autres espaces industriels du pays », a affirmé Hermann Immongault.

Belinga, vitrine du « fer vert »

Le vice-président du gouvernement a également mis en avant le projet d’exploitation du gisement de fer de Bélinga, développé avec le groupe australien Fortescue. Pour les autorités gabonaises, ce projet doit devenir un laboratoire de l’industrie minière décarbonée grâce au recours aux nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle.

« L’expérience de l’Australie constitue une source d’inspiration importante pour construire un modèle économique combinant compétitivité industrielle, innovation technologique et performance environnementale », a expliqué Hermann Immongault, qui voit dans Bélinga un futur pôle de référence du « fer vert » sur le continent africain.

Une transition qui se veut inclusive

Au-delà des investissements et des innovations technologiques, le représentant du chef de l’État a insisté sur la nécessité d’une transition juste, intégrant les communautés locales et reposant sur des mécanismes de financement adaptés.

Appelant à un renforcement de la coopération internationale pour mobiliser davantage de financements verts, il a également tenu à rappeler les orientations fixées par le président de la République concernant les populations concernées par les grands projets.

« Pour le cas du Gabon, le président de la République tient à ce qu’aucun Gabonais ne soit lésé ou dépouillé injustement. Ainsi, nous ne ménageons aucun effort pour le travail de synergie », a-t-il assuré.

À Perth, Hermann Immongault aura ainsi porté la vision d’un Gabon qui ambitionne de concilier préservation de son capital naturel, innovation technologique et industrialisation durable, tout en recherchant de nouveaux partenariats internationaux capables d’accompagner cette transformation économique.

 
GR
 

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