Deux communiqués publiés à trois jours d’intervalle par la Société des Boissons rafraîchissantes du Gabon (Sobraga) et l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) convergent vers une même conclusion : l’affaire des boissons Sobraga importées en France par un opérateur économique privé ne remet pas en cause la qualité sanitaire des produits fabriqués au Gabon. Les deux institutions rappellent qu’il s’agit d’un dossier ancien, déjà instruit par les autorités compétentes, et s’interrogent sur les motivations de sa résurgence sur les réseaux sociaux.

Selon Sobraga et l’Agasa, le dossier porte avant tout sur une opération d’exportation réalisée «en dehors des procédures officielles, légales et encadrées» par la société. © GabonReview / Illustration IA

 

Près de deux ans après les faits, Sobraga et l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) ont successivement pris la parole pour rétablir, chacune dans son champ de compétence, ce qu’elles présentent comme les faits d’une affaire aujourd’hui remise au goût du jour sur les réseaux sociaux.

Dans un communiqué publié le 20 juin, Sobraga affirme que les allégations relayées ces derniers jours « ne concernent pas un défaut de qualité » de ses produits. Selon l’entreprise, le dossier porte avant tout sur une opération d’exportation réalisée « en dehors des procédures officielles, légales et encadrées » par la société.

Trois jours plus tard, le 23 juin, l’Agasa a, à son tour, publié un communiqué préliminaire revenant sur ce dossier né entre septembre et octobre 2024 en France. L’agence indique avoir déjà traité cette affaire en profondeur et avoir communiqué les résultats de ses investigations à la plaignante dès le 21 mars 2025.

Une exportation hors du circuit officiel

Le principal point de convergence entre les deux communiqués concerne la responsabilité de l’opération commerciale elle-même.

Sobraga explique que toute exportation de ses produits est soumise à une procédure garantissant leur conformité et leur parfaite traçabilité jusqu’à destination. Or, dans le cas concerné, ces règles n’auraient pas été respectées. Les boissons auraient été acquises sur le marché local avant d’être acheminées vers la France en dehors du circuit officiel de distribution de l’entreprise.

L’Agasa rappelle également que les boissons incriminées avaient été importées par un opérateur économique privé, Madame Eyang Noutchet Marcelle, dans un contexte qui dépasse la seule question sanitaire.

Les analyses conduites par l’agence, appuyées sur les rapports des autorités françaises et sur des examens réalisés par des laboratoires partenaires, distinguent en effet plusieurs aspects du dossier : des dépassements des seuils autorisés dans l’Union européenne pour certaines boissons, une tentative présumée d’échapper à une classification douanière particulière, l’absence de numéros de lot sur certains produits et, surtout, la conformité de la composition des boissons aux normes Codex Alimentarius appliquées au Gabon.

Des normes différentes entre le Gabon et l’Union européenne

L’Agasa souligne que les conclusions des analyses ne sauraient être interprétées comme une remise en cause de la sécurité sanitaire des boissons produites au Gabon.

L’agence rappelle que les normes applicables varient selon les juridictions. Si certains additifs ou seuils de composition peuvent être admis au Gabon, conformément aux référentiels du Codex Alimentarius de la FAO et de l’OMS, ils peuvent différer des exigences réglementaires en vigueur dans l’Union européenne.

Sobraga met également en avant les dispositifs de contrôle auxquels sont soumis ses produits. L’entreprise affirme que ses sites sont certifiés ISO 9001 et FSSC 22000 sans interruption depuis 2015 et que ses boissons font l’objet de contrôles permanents réalisés par des laboratoires internes et indépendants. Elle indique par ailleurs respecter les normes gabonaises relatives à l’étiquetage ainsi que les référentiels internationaux applicables dans le pays.

Une affaire déjà examinée par les autorités

Autre élément commun aux deux prises de parole : le rappel du caractère ancien du dossier.

Sobraga assure que cette affaire a déjà donné lieu à des vérifications des autorités compétentes ainsi qu’à une procédure devant la justice gabonaise, sans que la qualité de ses produits n’ait été remise en cause au cours des contrôles effectués ou dans les documents établis par les services des douanes françaises.

L’Agasa insiste également sur le fait que son enquête est achevée depuis plusieurs mois et que ses conclusions avaient déjà été communiquées à la personne à l’origine de la plainte.

Une résurgence qui interroge

Au-delà des aspects techniques, les deux institutions semblent surtout vouloir répondre à une campagne de diffusion sur les réseaux sociaux.

Sobraga invite les médias, les relais d’opinion et les utilisateurs des plateformes numériques à traiter cette affaire « avec responsabilité », estimant qu’elle est connue des autorités compétentes et déjà examinée par la justice.

De son côté, l’Agasa dit condamner ce qui « s’apparente pour le moment à une tentative de transformation d’une opération commerciale qui a mal tourné en une affaire d’insécurité alimentaire ». L’agence appelle les populations à ne pas céder à la psychose tout en réaffirmant sa mission de protection de la santé publique.

En choisissant de communiquer à quelques jours d’intervalle, l’industriel et le régulateur livrent ainsi une lecture convergente d’un dossier qu’ils considèrent clos sur le fond. Si la responsabilité de l’opération d’importation est clairement renvoyée vers l’opérateur économique concerné, demeure une interrogation : pourquoi une affaire remontant à près de deux ans, déjà instruite sur les plans administratif, technique et judiciaire, refait-elle aujourd’hui surface avec une telle intensité sur les réseaux sociaux ? C’est cette question, plus que celle de la qualité des boissons produites au Gabon, que les deux structures semblent désormais inviter l’opinion à se poser.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Dans votre article, il fallait inclure des résultats d’analyses faites par la plaignante et celles réalisées par Sobraga, puis argumenter. L’article tel qu’il nous est présenté n’apporte pas des éléments palpables, c’est au journalise de fouiller et de présenter les résultats de son enquête aux lecteurs.

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