Capital, expansion, rentabilité : pourquoi BGFI Holding retourne sur le marché
Après une première phase d’ouverture de son capital, BGFI Holding Corporation remet ses actions sur le marché pour mobiliser 80,5 milliards de francs CFA. Lancée le 15 septembre 2026 à Libreville, cette deuxième opération vise moins à renflouer les caisses du groupe qu’à financer un nouveau cycle de croissance : nouvelles filiales bancaires, renforcement des quatre pôles de croissance et déploiement de la stratégie «BGFI 2030».

Le directeur général du Groupe BGFIBank, Henri-Claude Oyima, lors du lancement de la deuxième phase l’augmentation de capital par Appel public à l’épargne, le 15 septembre 2026. © GabonReview
«Nous n’ouvrons pas notre capital parce que nous avons besoin de capitaux pour maintenir notre activité. Nous ouvrons notre capital parce que nous avons un projet de croissance qui mérite davantage de capital». C’est en ces termes que le directeur général du Groupe BGFIBank, Henri-Claude Oyima, a expliqué, le 15 septembre à Libreville, la raison d’être de cette deuxième phase de l’augmentation de capital par appel à l’épargne de BGFI Holding Corporation. Une précision destinée à situer l’opération : le groupe bancaire, devenu un acteur panafricain diversifié, entend utiliser le marché pour accélérer son développement plutôt que pour financer son fonctionnement courant.
Cette ambition s’appuie sur des performances financières présentées comme solides. En 2025, BGFIBank a réalisé un résultat net consolidé de 133 milliards de francs CFA, dont 111 milliards attribuables au groupe, selon Henri-Claude Oyima. «Ces chiffres ne constituent pas seulement une performance comptable. Ils témoignent de la solidité de notre modèle économique», a-t-il déclaré. Le groupe veut désormais transformer cette capacité bénéficiaire en levier de développement, notamment en créant de nouvelles filiales bancaires et en renforçant les fonds propres de ses quatre pôles de croissance.
La nouvelle tranche de l’opération porte sur 1 006 915 actions, proposées au prix de 80 000 francs CFA l’unité, pour une mobilisation globale de 80,558 milliards de francs CFA. Les fonds doivent notamment permettre de financer de nouvelles implantations, de consolider les pôles de croissance et d’accroître la capacité du groupe à accompagner les économies des pays dans lesquels il est implanté. «Il nous permettra de renforcer notre capacité financière. Il permettra d’accompagner notre développement. Il permettra de financer de nouvelles implantations», a détaillé le directeur général.
Pour BGFI Holding, l’ouverture du capital répond également à une exigence qualitative. Le groupe ne recherche pas uniquement des ressources financières, mais des investisseurs capables de s’inscrire dans son horizon de long terme. «Nous avons besoin de bons capitaux. Un capital patient. Un capital institutionnel. Un capital qui comprend notre métier, notre horizon de développement et notre ambition», a insisté Henri-Claude Oyima. L’opération s’inscrit ainsi dans une volonté de consolider l’actionnariat tout en participant à l’approfondissement du marché financier régional, notamment à travers la BVMAC et l’épargne institutionnelle de la CEMAC.
Améliorer la manière dont le groupe transforme sa croissance en résultats
Le deuxième objectif affiché est d’améliorer la manière dont le groupe transforme sa croissance en résultats. À travers «BGFI 2030», BGFIBank veut faire de l’efficacité opérationnelle un levier de performance : simplification des processus, digitalisation, mutualisation, amélioration de la productivité et maîtrise des coûts. «Notre ambition n’est pas simplement de grandir. Notre ambition est de grandir mieux», a résumé le dirigeant. L’enjeu est donc de faire progresser les revenus tout en améliorant leur conversion en résultats.
Pour les investisseurs, le prix de l’action reste fixé à 80 000 francs CFA, ce qui porte la capitalisation implicite de BGFI Holding Corporation à 1 259 milliards de francs CFA après l’opération. Les actionnaires ont reçu au titre de 2025 un dividende de 2 500 francs CFA par action, après le split réalisé l’année précédente. Mais Henri-Claude Oyima invite surtout les investisseurs à regarder au-delà des performances passées. «Vous n’investissez pas dans BGFI Holding Corporation pour acheter notre passé. Notre passé est là pour démontrer ce que nous sommes capables de faire. Vous investissez dans BGFI Holding Corporation pour anticiper ce que nous allons construire demain», a-t-il affirmé.
Avec cette deuxième ouverture du capital, BGFI Holding veut donc financer simultanément son expansion et sa transformation. Nouvelles implantations, nouveaux relais de croissance, renforcement des fonds propres et amélioration de l’efficacité doivent, dans la vision présentée par le directeur général, alimenter un même cercle : «Capital, croissance, efficacité, rentabilité. Création de valeur». Une stratégie qui place «BGFI 2030» au cœur de la nouvelle étape de développement du groupe bancaire panafricain.
















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