Carpes en brouette à Lambaréné : entre traditions commerciales et exigences sanitaires, la mairie tranche
À Lambaréné, dans la province du Moyen-Ogooué, la vente ambulante de carpes dans des brouettes est désormais proscrite. La mesure, récemment décidée par le maire Guy-Pierre Biteghe, réorganise la commercialisation du poisson dans la ville. Si la décision bouscule les habitudes de nombreux vendeurs, notamment au quartier Isaac où cette activité était courante, les autorités municipales justifient cette interdiction par des impératifs de santé publique, de sécurité alimentaire et d’équité commerciale. Cette réglementation viserait un meilleur encadrement d’une filière jugée essentielle à l’économie locale.

À travers cette mesure, les autorités municipales de Lambaréné ambitionnent de garantir de meilleures conditions d’hygiène et de préserver la santé des consommateurs. © D.R.
La municipalité de Lambaréné a récemment pris la décision d’interdire la vente ambulante de carpes dans les brouettes. Cette pratique, autrefois courante dans les ruelles, notamment au quartier Isaac, appartient désormais au passé. Dans le même temps, la mesure bouleverse le quotidien de nombreux petits commerçants, mais s’inscrit dans une volonté affirmée des autorités de la ville de mieux encadrer les activités commerciales liées aux produits halieutiques, en particulier dans un contexte où les enjeux sanitaires deviennent de plus en plus préoccupants.
Le maire de Lambaréné, rapporté par Radio Gabon, assume pleinement cette décision qu’il qualifie de «difficile mais nécessaire». S’appuyant sur ses prérogatives, Guy-Pierre Biteghe a rappelé qu’«en qualité d’officier de police judiciaire, on dit que le maire est aussi bien le premier magistrat que le premier policier de la commune. Et en tant que tel, a été prise la mesure, certes difficile mais nécessaire, de l’interdiction de la vente du poisson en brouette dans la ville». Outre le respect de la réglementation, la municipalité entend prévenir les risques liés à la vente de poissons transportés sans dispositifs de conservation adaptés. Une situation susceptible d’altérer leur qualité et d’exposer les consommateurs à des risques sanitaires.
Garantir de meilleures conditions d’hygiène, préserver la santé des consommateurs
Le premier édile dénonce également les conditions de conservation insuffisantes des produits destinés parfois à être acheminés jusqu’à Libreville. «La première raison, c’est que le poisson est livré à des personnes sans moyens de conservation adéquats. Pour ceux qui font Lambaréné-Libreville, par exemple, vous pouvez acheter du poisson qui est déjà « fatigué », pourquoi ? Parce que les mesures de conservation ne répondent pas», a-t-il expliqué. D’autre part, il estime que la vente ambulante crée une concurrence déloyale envers les commerçants installés dans les marchés et au centre de pêche. Ce d’autant que les vendeurs en brouette bénéficient d’un avantage commercial en démarchant directement les clients dans les quartiers.
Pour accompagner cette réorganisation, la mairie invite les commerçants à poursuivre leurs activités exclusivement dans les espaces officiellement aménagés. «Aux petits frères qui se livrent à la vente du poisson, qu’aussi longtemps qu’ils resteront dans les lieux agréés, à savoir le centre de pêche et les différents marchés, ils n’auront aucun souci avec la municipalité. Mais à chaque fois qu’ils sortiront de ce périmètre-là, ils trouveront la municipalité sur leur chemin», avertit Guy-Pierre Biteghe, cité par la Radio nationale. À travers cette mesure, les autorités ambitionnent de garantir de meilleures conditions d’hygiène, de préserver la santé des consommateurs, d’assurer une concurrence plus équitable entre les vendeurs et de renforcer le respect des règles qui encadrent le commerce du poisson dans la capitale provinciale du Moyen-Ogooué.















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