Le Conseil des ministres du 22 mai 2026 a été l’occasion de dresser un premier bilan de cent jours d’action gouvernementale, tout en actant des décisions structurantes pour les mois à venir. Budget révisé à la baisse, cap numérique affirmé, discipline financière exigée dans les entreprises publiques : la séance a posé plusieurs jalons d’importance. Le tout sur fond de repositionnement diplomatique du Gabon sur la scène africaine.

Conseil des ministres : cent jours et des décisions structurantes. (Image d’archive) © D.R.

 

Le chiffre qui retient d’emblée l’attention est budgétaire. Le projet de loi de finances rectificative 2026 ramène l’équilibre du budget de l’État de 6 358 à 5 495 milliards de francs CFA, soit une contraction de près de 863 milliards. La prévision de croissance est elle aussi revue, tombant de 6,5 % à 4 %, portée principalement par le secteur hors pétrole. La révision tient compte des recommandations du FMI, exprimées lors des réunions du FMI à Washington en avril 2026, et anticipe le cadre des futures négociations avec l’institution.

C’est, en creux, un exercice de crédibilité budgétaire autant que de gestion conjoncturelle. Le Président de la République a d’ailleurs exhorté le ministre de l’Économie à identifier de nouvelles niches de financement sans alourdir la pression fiscale sur les opérateurs, et à procéder à la digitalisation du processus de collecte des recettes.

Un État qui resserre les boulons

Sur le plan de la gouvernance, le Chef de l’État a instruit le ministre de l’Économie de plafonner les rémunérations des dirigeants d’établissements publics, de sociétés d’État et de sociétés d’économie mixte, une mesure à fort impact symbolique, longtemps réclamée. Le chantier de la réforme de l’État, adossé aux recommandations du Dialogue National Inclusif, a également été rappelé à l’ordre, le Président exhortant à ne pas revenir sur les engagements pris devant le peuple gabonais.

La lutte contre l’enrichissement illicite a aussi été renforcée par une modification législative qui réduit les délais de déclaration de biens, harmonise les conditions de candidature aux élections et durcit les sanctions pour non-déclaration. Sur le dossier Postebank, le Conseil a reconnu que le désintéressement des épargnants engage la crédibilité de l’État, instruisant les ministres compétents d’apporter une réponse diligente.

Numérique, énergie et retour sur la scène africaine

Le Conseil a acté la création de la Direction Générale des Technologies Émergentes, chargée de piloter les politiques publiques en matière d’IA et de digitalisation, complétée par un décret sur la labellisation des startups gabonaises. L’extension du Backbone National Gabonais en mode partenariat public-privé, dans le cadre du projet Gabon Fiber, a également été approuvée. Ces décisions dessinent une politique numérique cohérente, dotée désormais d’une architecture institutionnelle.

Sur le plan énergétique, le gouvernement a approuvé la construction des barrages d’Irouba et d’Egoumbi, qui apporteront 54,5 MW supplémentaires au réseau du Sud. En matière diplomatique, enfin, le Conseil a tiré les enseignements de la tournée africaine du Président de la République (Angola, Djibouti, Kenya, Rwanda) et salué la tenue à Libreville de la 17ème Retraite de haut niveau de l’Union Africaine sur la paix et la sécurité, signe du retour du Gabon dans les rencontres continentales de premier plan.

 
GR
 

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