À l’occasion du centenaire de la naissance de François Meye, la Fondation qui porte son nom a organisé, le 9 juillet 2026 à Libreville, une cérémonie d’hommage mettant en évidence le parcours exceptionnel de cet intellectuel, écrivain et homme politique dont l’héritage reste encore largement méconnu.

Le sociologue Jean Emery Etoughé-Efé retraçant le parcours de François Meye, le 9 juillet 2026. © GabonReview

 

La Société d’incubation numérique du Gabon (SING) a accueilli, le 9 juillet 2026, la célébration du centenaire de François Meye, présenté comme l’une des figures fondatrices de l’éveil de la conscience nationale au Gabon. Organisée par la Fondation François Meye pour l’éducation et la culture, cette rencontre a réuni des représentants des institutions de la République, du corps diplomatique, des enseignants-chercheurs ainsi que des acteurs du monde culturel. Placée sous le signe de la mémoire et de la transmission, la cérémonie a rendu hommage à un homme dont l’engagement intellectuel et politique continue d’inspirer.

Invité à retracer le parcours de cette personnalité, le sociologue Jean Emery Etoughé-Efé a estimé que François Meye n’avait pas encore reçu toute la reconnaissance que lui confère son rôle dans l’histoire du pays. «François Meye, c’est un Gabonais qui a fait l’histoire, l’histoire intellectuelle et l’histoire politique de ce pays. Parler de lui aujourd’hui, c’est comme réveiller quelqu’un qui dormait. Cela signifie que l’histoire officielle ne l’a pas reconnu. Nous avons le devoir d’exhumer ce qui a été caché pendant longtemps», a-t-il déclaré. Le chercheur a également indiqué avoir entrepris un travail d’écriture afin de préserver la mémoire de cet homme et de transmettre son héritage aux générations futures.

Quelques étapes de la cérémonie. © GabonReview

Né le 22 février 1922 à Meyeni, dans la région de Ndjolé, François Meye demeure l’une des grandes figures de l’histoire intellectuelle gabonaise. Premier instituteur africain de l’Afrique équatoriale française, parmi les tout premiers bacheliers gabonais, écrivain, élu du Moyen-Ogooué puis membre du gouvernement de la jeune République, il a marqué son époque par son parcours exceptionnel. «Voilà l’homme dont nous célébrons aujourd’hui le centenaire de la naissance», a rappelé Yannick Ebibie, président de la Fondation François Meye.

François Meye n’a jamais bénéficié d’une reconnaissance nationale

Pour ce dernier, le colloque international du GREPOD organisé à Libreville en juin 2023 a permis de rendre visible une personnalité longtemps restée dans l’ombre. «Notre Fondation a voulu prolonger cet élan et inscrire cette célébration dans la durée : non pas un anniversaire, mais un programme ; non pas une commémoration, mais une transmission», a-t-il affirmé. Il a regretté que François Meye, décédé le 2 novembre 1970, n’ait jamais bénéficié de la reconnaissance nationale à la hauteur de son œuvre, alors que son parcours symbolise «l’école comme ascenseur du mérite, la culture comme fierté et l’engagement comme devoir».

La Fondation François Meye a enfin réaffirmé sa volonté d’accompagner les pouvoirs publics dans les politiques de promotion de la lecture, de l’éducation et du patrimoine littéraire national. Parmi les projets évoqués figurent la réédition de Récits de la forêt, l’intégration de l’œuvre de François Meye dans les programmes scolaires et la création d’un prix littéraire portant son nom. La cérémonie s’est achevée par des témoignages et une séance de dédicace du premier ouvrage publié par l’écrivain gabonais. 

 
GR
 

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