En visite ce vendredi 24 juillet 2026 à l’usine La Santé Pharmaceutique, dans la Zone d’investissement spécial de Nkok, le bureau du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), conduit par son président, Guy Bertrand Mapangou, est allé évaluer la situation de cette entreprise en difficulté depuis 2024. Objectif : identifier des pistes de relance et formuler des recommandations au gouvernement afin de préserver un outil industriel important pour la souveraineté sanitaire du Gabon.

Guy Bertrand Mapangou, le président du CESEC à l’usine de La Santé Pharmaceutique, le 24 juillet 2026. © GabonReview

 

Accompagné de plusieurs membres de son bureau ainsi que de chercheurs américains, le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Guy Bertrand Mapangou, a visité les installations de La Santé Pharmaceutique, une usine installée dans la Zone d’investissement spéciale de Nkok et spécialisée dans la fabrication de médicaments. Cette mission intervient alors que l’entreprise traverse une grave crise financière qui menace son avenir et les emplois de ses salariés.

Le directeur commercial et marketing, Constant Zogo Mboulou, a expliqué que les difficultés ont débuté en 2024 à la suite d’une crise de distribution et d’un manque de compétitivité, aggravés par des contraintes douanières. «En 2024, une crise de distribution et de compétitivité commerciale, aggravée par une distorsion douanière que nous subissons dans la Zone d’investissement spéciale de Nkok, a provoqué l’effondrement de notre chiffre d’affaires de 91 %. Nos 85 salariés n’ont pas reçu leur salaire depuis plusieurs mois», a-t-il déclaré.

Malgré cette situation, les visiteurs ont pu constater que les équipements de production sont toujours opérationnels. Selon les responsables de l’entreprise, il ne s’agit pas d’une défaillance industrielle, mais d’un problème de trésorerie. «L’outil industriel que vous voyez est intact, opérationnel, prêt à redémarrer. Ce n’est pas une crise de production, c’est une crise de trésorerie et de distribution dont la solution tient en trois décisions et 90 jours», a insisté Constant Zogo Mboulou.

40 médicaments produits localement 

Le directeur général, Rajeev Lila, a rappelé l’importance de cette usine pour le système de santé gabonais. Il a souligné que quarante médicaments sont déjà produits localement et distribués aux populations. «Aujourd’hui, 40 médicaments gabonais soignent des Gabonais. Ce n’est pas une promesse, c’est une réalité. Nous traversons une crise douloureuse. Quatre-vingt-cinq familles attendent leurs salaires, mais nos machines fonctionnent, nos techniciens sont qualifiés et notre certification GMP est maintenue. Nous pouvons produire dès demain si une décision est prise», a-t-il affirmé.

Pour assurer la relance de l’activité, les dirigeants sollicitent trois mesures des plus hautes autorités : une avance de trésorerie de 300 millions de FCFA dans les 72 heures, une prise de participation de l’État à hauteur de 26 % dans les 30 jours et la signature, dans un délai de 90 jours, d’un décret présidentiel relatif au projet Iboga. Ils ont demandé au président du CESEC de porter ce plaidoyer auprès du chef de l’État.

Quelques moments de la visite. © GabonReview

En réponse, Guy Bertrand Mapangou a assuré que cette visite permettra d’inscrire le dossier de La Santé Pharmaceutique à l’ordre du jour de la prochaine session du CESEC. «C’est notre rôle d’alerter, de conseiller et de recommander. En tant qu’institution consultative, nous pouvons suggérer des pistes pour sauver cette usine. Sans médicaments, on ne se soigne pas», a-t-il déclaré.

Vers un développement du projet Iboga

Les échanges avec les chercheurs américains ont également porté sur le développement du projet Iboga et sur la valorisation de cette ressource importante. Pour Guy Bertrand Mapangou, le Gabon doit protéger sa propriété intellectuelle et renforcer sa souveraineté scientifique. «Les partenaires présents comprennent l’intérêt d’aider le Gabon à disposer de son propre laboratoire, de ses propres brevets et à faire en sorte que tout ce qui concerne les brevets sur l’Iboga passe par le Gabon», a-t-il indiqué.

Fondée en 2017, La Santé Pharmaceutique emploie une centaine de personnes et dispose de quatre lignes de production certifiées GMP. L’usine fabrique notamment des antirétroviraux, des antipaludiques, des antituberculeux, des antibiotiques et des analgésiques destinés au marché gabonais, avec un délai de livraison de 48 heures. Autant d’atouts que ses dirigeants espèrent préserver grâce à une intervention rapide des pouvoirs publics.

 
GR
 

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