Invité à intervenir lors de l’African Energy Week (AEW) 2026, prévue du 12 au 16 octobre au Cap, en Afrique du Sud, le ministre gabonais du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, présentera la nouvelle stratégie du Gabon en matière d’exploration offshore et de développement gazier. Une participation qui intervient alors que le pays multiplie les réformes destinées à attirer davantage d’investissements internationaux dans le secteur des hydrocarbures.

Le ministre gabonais du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja. © Sénat-Gabon

 

Du 12 au 16 octobre prochain, le Gabon sera représenté au plus haut niveau à l’African Energy Week (AEW) 2026. Les organisateurs de ce rendez-vous continental consacré aux investissements dans les secteurs du pétrole, du gaz et de l’énergie ont confirmé la participation du ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Kondja, parmi les principaux intervenants.

Selon l’African Energy Chamber, cette présence permettra au membre du gouvernement gabonais de présenter les réformes engagées depuis sa prise de fonctions en janvier 2026 pour renforcer l’attractivité du secteur pétrolier national et accélérer la valorisation des importantes ressources offshore du pays.

Une vitrine pour la stratégie énergétique du Gabon

L’AEW est considérée comme la principale plateforme africaine de rencontres entre gouvernements, compagnies pétrolières, investisseurs et fournisseurs de technologies. Pour Libreville, cette tribune constitue une occasion de mettre en avant les opportunités offertes par un domaine maritime encore largement sous-exploré.

Avec plus de deux milliards de barils de réserves pétrolières prouvées et près de 72 % de ses blocs en eaux profondes encore inexploités, le Gabon entend convaincre de nouveaux opérateurs de participer à l’exploration et au développement de ses ressources.

Lors du forum Invest in African Energy, organisé à Paris en avril dernier, Clotaire Kondja avait annoncé la finalisation prochaine des contrats de partage de production avec ExxonMobil et bp, transformant les protocoles d’accord signés en 2025 en véritables licences d’exploration offshore.

Le gouvernement mise également sur un Code des hydrocarbures modernisé, un cadre fiscal plus compétitif ainsi que la suppression des primes de signature pour les blocs en eaux profondes et ultra-profondes afin de renforcer l’attractivité du pays.

Le gaz au cœur de la nouvelle stratégie

Au-delà du pétrole, Libreville souhaite faire du gaz naturel un nouveau levier de croissance.

Un Code du gaz est actuellement en préparation, tandis qu’un projet de gazoduc de 130 à 150 kilomètres reliant Gamba à Libreville est envisagé pour le début de l’année 2028. Cette stratégie s’appuie également sur le projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de Cap Lopez développé par Perenco, estimé à 2 milliards de dollars, dont la mise en service est attendue cette année.

L’objectif affiché est double : réduire le torchage du gaz et développer une véritable chaîne de valeur autour des exportations de GNL, de la production d’électricité à partir du gaz et des usages industriels.

Des investissements déjà engagés

Cette politique commence à se traduire par plusieurs projets de développement. En mai dernier, BW Energy, Panoro Energy et Gabon Oil Company ont validé le développement du champ offshore Bourdon, un investissement évalué à 300 millions de dollars, avec une première production attendue début 2028.

Parallèlement, la phase 2 du projet MaBoMo poursuit son développement, tandis qu’Assala Energy a annoncé une nouvelle découverte sur le prospect Magoga-A, confirmant le potentiel des bassins gabonais.

Les investissements concernent également les infrastructures intermédiaires, notamment les installations de collecte de gaz, les capacités de stockage et la modernisation des raffineries, dans l’objectif de bâtir une industrie pétrolière plus intégrée.

« Une nouvelle ère d’investissement »

Pour NJ Ayuk, président exécutif de l’African Energy Chamber, les réformes engagées par Libreville ouvrent de nouvelles perspectives.

« Le ministre Clotaire Kondja ouvre la voie à une nouvelle ère d’investissement dans le secteur pétrolier et gazier gabonais grâce à des réformes visant à renforcer la compétitivité, à l’exploration de zones pionnières et au développement stratégique du gaz », affirme-t-il.

Au-delà de la présentation des opportunités d’investissement au Gabon, l’intervention du ministre gabonais devrait également alimenter les échanges sur les défis auxquels sont confrontés les producteurs africains, notamment la concurrence internationale pour les capitaux, la transition énergétique et les enjeux de sécurité énergétique. Les organisateurs estiment que cette contribution viendra enrichir les débats entre décideurs publics, industriels et investisseurs sur l’avenir du secteur énergétique africain.

 

 
GR
 

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