Confronté à une dégradation de la situation financière de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), le gouvernement a lancé une Task Force interministérielle chargée de piloter une restructuration en profondeur de l’organisme. Coordonnée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, cette initiative vise à restaurer l’équilibre financier de la caisse, renforcer sa gouvernance et garantir la continuité des prestations au bénéfice des assurés.

Un moment de la séance de travail avec les responsables de la CNAMGS. © Communication VPG

 

Face aux difficultés financières qui fragilisent depuis plusieurs années la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS), le gouvernement passe à l’offensive. Réunie sous la coordination du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, une Task Force interministérielle a officiellement entamé ses travaux afin d’engager une réforme structurelle de l’organisme, dont la mise en œuvre est attendue au cours du second semestre 2026.

La première réunion de cette cellule s’est tenue ce lundi 6 juillet 2026 autour des ministres en charge des Affaires sociales, de la Fonction publique, de la Santé et du Budget. Objectif : définir les actions prioritaires pour redresser une institution considérée comme le pilier de la protection sociale au Gabon.

Une réponse à une crise devenue structurelle

Selon le gouvernement, la CNAMGS est confrontée à des déséquilibres financiers qui se sont progressivement aggravés avec l’élargissement de son champ d’intervention. Depuis sa création en 2007, la caisse n’a cessé d’étendre la couverture sanitaire universelle, jusqu’à intégrer récemment les travailleurs indépendants et les assurés volontaires au sein d’un quatrième fonds.

Si cette évolution constitue une avancée sociale importante, elle a également accentué des fragilités déjà existantes. Les retards de reversement des cotisations par certains contributeurs, les insuffisances dans le recouvrement des ressources et les tensions de trésorerie ont fini par affecter le fonctionnement de la caisse.

Ces difficultés se traduisent notamment par des retards de remboursement des structures sanitaires et des pharmacies conventionnées, avec pour conséquence une dégradation de la qualité de la prise en charge des assurés, en particulier pour les évacuations sanitaires.

Un audit pour repartir sur des bases saines

La première mission confiée à la Task Force consistera à établir un diagnostic précis de la situation financière de la CNAMGS. Le gouvernement prévoit ainsi le lancement d’un audit financier, comptable et actuariel indépendant destiné à dresser un état des lieux exhaustif de l’institution. Cette évaluation devra servir de base à la mise en œuvre des réformes destinées à restaurer durablement l’équilibre financier de la caisse.

Au-delà de l’audit, l’exécutif entend sécuriser les ressources de la CNAMGS. Parmi les mesures annoncées figurent l’automatisation des reversements des cotisations de l’État pour les agents publics ainsi que la création d’un compte d’affectation spéciale au Trésor afin d’assurer une traçabilité complète de la Contribution spéciale de solidarité destinée à financer la couverture des populations économiquement vulnérables.

Le gouvernement mise également sur la transformation numérique. À travers le projet Gabon Connect, les systèmes d’information de la CNAMGS, de la CNSS, de la Direction générale des Impôts et du Trésor seront interconnectés afin d’améliorer le recouvrement des cotisations et de lutter plus efficacement contre la fraude sociale.

Enfin, la réforme prévoit un renforcement de la gouvernance interne avec la signature prochaine d’un contrat de performance entre l’État et la Direction générale de la CNAMGS. Pour l’exécutif, cette restructuration doit permettre de restaurer la confiance des partenaires de santé, d’assurer la pérennité financière de la caisse et de garantir la continuité des soins sans que les assurés aient à supporter un préfinancement de leurs prestations.

 

 
GR