Code de la nationalité 2026 : Geoffroy Foumboula éclaire le débat sur la notion de «Gabonais de souche»
À travers une série de publications sur ses réseaux sociaux, le deuxième vice-président du Conseil économique, social, environnementale et culturel (CESEC), Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, s’est engagé dans une démarche pédagogique autour du nouveau Code de la nationalité gabonaise. Au cœur de son argumentaire : la question sensible, mais centrale, de la définition du «Gabonais de souche».

L’acteur civique et vice-président du CESEC, Geoffroy Foumboula. © Com. CESEC
Dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur du Code de la nationalité de 2026, l’acteur civique Geoffroy Foumboula Libeka Makosso s’attache à retracer l’évolution des notions juridiques ayant encadré l’appartenance à la nation gabonaise depuis l’indépendance. Une manière, selon lui, de recentrer le débat sur les Gabonais eux-mêmes et sur l’histoire qui fonde leur identité.
D’après lui, il y aurait trois grandes étapes qui s’alignent à une évolution sémantique et juridique assumée. Il revient sur 1962, sous la gouvernance de Léon Mba, où le Code de la nationalité introduit la notion de «Gabonais de souche», inscrivant ainsi la nationalité dans une continuité historique antérieure à l’indépendance du 17 août 1960. Dès 1999, sous Omar Bongo, une inflexion est opérée avec une ouverture plus large, incluant notamment les personnes nées au Gabon de parents étrangers. Et aujourd’hui, en 2026, sous le régime du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, avec le concept d’«ascendance autochtone» qui fait son apparition, marquerait, selon ses défenseurs, un retour aux fondamentaux identitaires. Pour l’acteur civique, cette évolution ne constitue pas une rupture, mais plutôt une continuité historique qui vise à «restaurer» les bases de la nationalité gabonaise telles que pensées par les pères fondateurs.
Un débat qui divise la classe politique
Mais cette lecture est loin de faire l’unanimité. Selon l’acteur civique, une partie de l’opinion y voit une tentative de hiérarchisation entre les citoyens, dénonçant un risque de fracture au sein de la communauté nationale. Ces voix critiques estiment que la nationalité devrait être exclusivement rattachée à l’acte fondateur de l’indépendance, considérant que toute personne née sur le territoire gabonais doit bénéficier des mêmes droits, indépendamment de son origine. Pour elles, le Gabon, historiquement terre d’accueil, devrait continuer à incarner un modèle d’inclusion. À l’inverse, Geoffroy Foumboula rejette toute accusation de division. Il insiste sur le fait que la notion de «Gabonais de souche» n’est ni nouvelle ni circonstancielle, mais bien ancrée dans le premier Code de la nationalité. À ses yeux, il s’agit avant tout de reconnaître une réalité historique et culturelle propre au peuple gabonais.
«Parler des Gabonais, pour les Gabonais»
Au-delà des considérations juridiques, la démarche de l’acteur civique se veut avant tout didactique. En revenant «texte après texte» sur les fondements du Code de la nationalité, il entend, selon ses propres termes, inviter les Gabonais à se réapproprier leur histoire et à dépasser les lectures simplistes.
Dans ses publications, il interpelle directement l’opinion publique, appelant à une meilleure compréhension des textes et à une vigilance face aux manipulations politiques. Une posture qui s’inscrit dans un débat plus large sur l’identité nationale, la souveraineté et la place des héritages historiques dans la construction de l’État moderne.
De ce fait, le débat autour de la notion de «Gabonais de souche» met en avant une tension classique dans de nombreux États : celle entre ouverture et préservation identitaire. Si certains y voient une nécessité pour consolider la nation, d’autres redoutent une remise en cause des principes d’égalité. Quoi qu’il en soit, la sortie de Geoffroy Foumboula replace au centre des échanges une question fondamentale : qu’est-ce qu’être Gabonais aujourd’hui, et sur quelles bases cette appartenance doit-elle être définie ?
Pour l’acteur civique, une chose est certaine : «C’est dans la connaissance et l’esprit critique que se forge une citoyenneté libre, car celui qui renonce à se cultiver s’expose à devenir un simple instrument, facilement manipulable».
Thécia Nyomba













0 commentaire
Soyez le premier à commenter.