Condamnation des Bongo-Valentin : «Le procureur ment», affirme Me Zimeray
À la suite des peines infligées lundi à Sylvia et Noureddin Bongo, Me François Zimeray, avocat de l’épouse et du fils aîné d’Ali Bongo, estime que le verdict de la Cour criminelle spécialisée «fait honte à tous ceux qui croient en la justice». Il accuse le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville d’avoir menti au Gabonais, notamment sur les chiffres avancés lors du procès.

François Zimeray, un des avocats de Sylvia et Noureddin Bongo, en décembre 2024, à Paris. © Robero Frankenberg
20 ans de réclusion criminelle et 100 millions de francs CFA d’amende auxquels doivent s’ajouter plus de 1 201 milliards de francs CFA et 1 000 milliards de francs CFA pour Noureddin au titre des préjudices financier et moral. Le verdict du procès de l’épouse et du fils aîné d’Ali Bongo est connu depuis le 10 novembre.
«C’est une condamnation politique», a réagi l’ancien coordinateur des Affaires présidentielles, qui évoque «un verdict qui repose sur les dires de témoins sous contrainte de la junte militaire». «Je n’ai jamais détourné d’argent et je continuerai à me battre pour la vérité devant des instances juridiques indépendantes», annonce-t-il sur le réseau social X.
«Cette décision est un tissu de mensonges»
Pour sa part, Me François Zimeray, sur RFI, dit n’avoir pas du tout apprécié le réquisitoire du Dr Eddy Minang lors du procès. «Le procureur ment, le procureur a violé le droit», a-t-il accusé, affirmant que les chiffres rendus publics par le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville «sont totalement imaginaires».
L’avocat français de Sylvia et Noureddin Bongo estime que la Cour criminelle spécialisée présidée par Jean Mexant Essa Assoumou s’est fourvoyée, d’autant plus que la condamnation infligée à ses clients «est la trahison de toute idée de justice». «En réalité, pense-t-il, c’est une opération de spoliation. C’est une opération de mise en pâture. Il n’y a rien de juste dans cette affaire qui ponctue deux années de torture et de séquestration arbitraire, et de trahison à la fois d’une famille, mais aussi du droit. Cette décision est un tissu de mensonges qui fait honte à tous ceux qui croient en la justice, qui fait honte à ceux qui l’ont prononcée.»
Sylvia et Noureddin Bongo ont été déclarés coupables, respectivement de recel, détournement de fonds publics et de blanchiment de capitaux, usurpation de fonds et instigation au faux ; et de détournement de deniers publics, concussion, usurpation des titres et de fonction, de blanchiment aggravé de capitaux et d’association de malfaiteurs. Ni l’un ni l’autre n’était présent à l’audience. Leurs avocats non plus.
















3 Commentaires
Cet avocat aurait dû s’exprimer au prétoire, pas dans les médias.
Pourquoi n’est-il pas venu présenter ses arguments ?
Il a manqué une occasion d’obtenir l’acquittement de ses clients, préférant éviter le tribunal comme eux.
Qu’il envoie les preuves contraires à la cour,
Quelle honte ?
A voir ses vitupérations et la portée débordante de son zèle, cet avocat a conscience qu’il ne lui arrivera rien sous les tropiques, d’autant qu’il s’agit du Gabon « une propriété française ». Cet homme tapis derrière une toge met plutôt en avant ses alliances personnelles avec ce régime déchu qui a tout pour que des milliers de thèses ‘écrivent sur un régime autoritaire indescriptible….
Quel naufrage que celui d’un avocat qui déserte la barre pour se vautrer dans le confort des plateaux médiatiques. François Zimeray n’a pas plaidé, il n’a pas affronté les juges, il n’a pas défendu ses clients là où la vérité se tranche : au tribunal. Et pourtant, il vocifère devant les micros comme un acteur frustré privé de scène.
Qu’on ne s’y trompe pas : derrière ses indignations théâtrales, il y a l’amertume d’honoraires réduits par son propre effacement. Ses clients ont fui l’audience, lui a fui le combat judiciaire, et maintenant il cherche à exister dans un procès qu’il a lui-même déserté. Voilà l’image d’un avocat qui se nourrit de vacarme faute de substance.
Alors, que reste-t-il ? Une posture creuse, une rhétorique de diversion, une incompétence criante. Me Zimeray se ridiculise en transformant la justice en spectacle, en substituant la plaidoirie par la plainte médiatique.
C’est le naufrage d’une robe noire qui se prend pour un tribun. Me Zimeray transforme la justice en théâtre, substitue la plaidoirie par la posture, et croit qu’un micro vaut une barre. Mais la justice n’est pas une scène de cabaret : elle exige des preuves, des arguments, du courage.
Or, que nous montre-t-il ? Un avocat qui fuit l’épreuve judiciaire, qui abandonne ses clients à leur silence, et qui s’invente une légitimité dans le vacarme médiatique. C’est la caricature même de l’avocat mondain : prompt à s’indigner devant les caméras, incapable de convaincre devant les juges.
Ses cris de « mensonge » et de « spoliation » ne sont que des slogans creux, des artifices pour masquer l’évidence : ses clients ont été condamnés pour des crimes économiques graves, documentés et prouvés. Et lui, faute de plaidoirie, faute de stratégie, faute de courage, se réfugie dans l’invective.
Qu’on le dise clairement : Me Zimeray n’a pas seulement manqué une occasion de se taire, il a manqué l’occasion de défendre. Et dans ce manquement, il révèle ce qu’il est devenu : un avocat de façade, un porte-voix sans voix, un professionnel qui confond la justice avec le spectacle.