Le différend foncier opposant la Société nationale immobilière (SNI) aux habitants installés derrière Berthe et Jean, dans les zones d’Essassa, Bissobinam et Nzoghe-Mitang, a été au centre d’une rencontre organisée, le 7 mai dernier, entre le maire de Ntoum, Zéphirine Etotowa Ntutume, et les représentants des concernés. Face à une délégation issue d’un collectif revendiquant près de 850 membres, l’autorité municipale a voulu un dialogue destiné à apaiser les tensions autour de l’opération de régularisation foncière engagée par les pouvoirs publics. 

Les membres du Collectif devisant avec le maire de Ntoum, Zéphirine Etotowa Ntutume, le 7 mai 2026. © GabonReview

 

Le conflit foncier entre la SNI et les habitants d’Essassa, Bissobinam et Nzoghe-Mitang a fait l’objet d’une réunion, le 7 mai, entre le maire de Ntoum, Zéphirine Etotowa Ntutume, et les représentants du collectif de près de 850 personnes. Cette rencontre visait à calmer les tensions liées à l’opération de régularisation foncière menée par les autorités. L’initiative, pilotée par la SNI, sur instruction des autorités, entend officiellement restructurer et sécuriser l’occupation des terrains dans cette partie de la commune de Ntoum.

Non-respect des mesures sociales prévues dans le cadre de ce type d’opération

Quelques participants à la concertation. © GabonReview

Au cours des échanges, les représentants des populations ont exposé les principaux griefs nourrissant la contestation. Par la voix de leur porte-parole, Simplice Ibouanga, ils ont dénoncé l’absence de prise en compte de leurs droits, ainsi que le non-respect des mesures sociales prévues dans le cadre de ce type d’opération. Les membres du Collectif réclament notamment leur intégration effective au projet, des mécanismes d’indemnisation et des solutions de relogement pour les personnes impactées. Affirmant leur adhésion au programme de développement porté par la SNI, ils rappellent que le schéma initial devait d’abord concerner la régularisation des parcelles bâties avant de s’étendre, dans une seconde phase, aux terrains non bâtis.

Par ailleurs, les occupants dénoncent désormais une orientation différente du projet sur le terrain. Selon eux, la SNI procède non seulement à la commercialisation de parcelles nues, mais également à la régularisation de terrains préalablement morcelés, alimentant un profond sentiment d’injustice au sein des populations concernées. Dans ce contexte, les habitants disent se considérer victimes «d’un mensonge et d’une violence d’État». Ils estiment que les politiques publiques d’aménagement foncier ne devraient pas se traduire par une remise en cause de leur présence sur ces sites, d’autant plus que l’opération avait été présentée, à l’origine, comme un mécanisme destiné à faciliter l’accès à la propriété pour les occupants des terrains hérités par la SNI de la Société nationale des logements sociaux (SNLS), à la fin des années 2010.

Déterminées à défendre leur position

À l’écoute des différentes revendications, le maire de Ntoum a rappelé le rôle assigné à la SNI dans le développement urbain et social, notamment à travers la construction d’équipements collectifs, tels que des écoles, des hôpitaux ou des logements. L’édile a également assuré vouloir transmettre les préoccupations exprimées aux plus hautes autorités afin de rechercher une issue concertée au conflit. Les discussions ont ainsi permis d’explorer plusieurs pistes de règlement susceptibles d’ouvrir la voie à une sortie de crise. Mais les populations restent déterminées à défendre leur position, estimant que «l’État dispose de moyens matériels et financiers pour développer des projets d’intérêt général dans des zones où il n’existe même pas un campement de chasse, comme cela se fait en Guinée équatoriale, notamment».

 
GR
 

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