L’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF) a reçu, le jeudi 16 juillet 2026, une délégation de l’organisation kényane AB Entheos, mandatée par la Wildlife Conservation Society (WCS) dans le cadre du projet «Coexistence pacifique entre l’Homme et l’Éléphant», financé par l’Initiative pour les forêts de l’Afrique centrale (CAFI). L’agence est sollicitée pour concevoir un outil numérique d’identification, d’évaluation et de compensation des dommages causés par les pachydermes aux populations rurales.

Séance de travail entre l’ANINF et la délégation d’AB Entheos, mandatée par la WCS, à la Tour de l’agence, le 16 juillet 2026, à Libreville. © ANINF

 

Et si le numérique contribuait à réconcilier l’Homme et la nature ? Au Gabon, l’ambition prend progressivement corps. Face aux ravages causés par les éléphants dans les zones rurales et aux exigences de leur préservation, l’État entend s’appuyer sur l’innovation pour protéger les populations sans sacrifier une biodiversité parmi les plus riches du continent.

C’est dans cette perspective que l’ANINF, dirigée par Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, a ouvert les portes de sa Tour, le 16 juillet, à la délégation d’AB Entheos. Conduite par Josette Tessa Yayoumi, coordinatrice du projet au Gabon, celle-ci agit pour le compte de la WCS, partenaire technique international de l’État gabonais.

Un outil numérique au service des victimes

L’ANINF a été sollicitée pour son expertise dans la conception et la mise en œuvre d’une solution numérique destinée à identifier, évaluer et faciliter la compensation des dommages causés par les éléphants aux communautés locales. L’outil devrait notamment fluidifier le traitement des dossiers des victimes des conflits homme-faune et renforcer l’efficacité des mécanismes d’indemnisation, dont la lenteur nourrit régulièrement l’exaspération des populations concernées.

Devant leurs hôtes, les émissaires d’AB Entheos ont décliné un programme articulé autour de trois axes prioritaires : promouvoir une coexistence pacifique entre les populations et les éléphants, renforcer la sécurité alimentaire et physique des communautés rurales, et améliorer les politiques de conservation des forêts dans un contexte de lutte contre les changements climatiques.

Un projet à 10 millions de dollars sur deux ans

Lancée officiellement le 17 février 2025 sous l’égide du ministère des Eaux et Forêts, l’initiative bénéficie d’un financement de 10 000 003 dollars américains de la CAFI, pour une durée de deux ans. Fruit d’une collaboration entre le gouvernement gabonais, la WCS et Space for Giants, elle prévoit l’installation de 1 800 clôtures mobiles dans les neuf provinces du pays, le déploiement d’unités de vulgarisation dédiées au traitement des conflits homme-éléphant, la promotion de pratiques agricoles durables ainsi que la mise en place de mécanismes d’assurance au profit des populations sinistrées.

La démarche s’inscrit dans le droit fil des orientations fixées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. En décembre 2025, lors d’un séjour dans la Lopé, le chef de l’État rappelait que «protéger la biodiversité ne doit jamais mettre en danger des vies humaines», avant d’affirmer que «l’humain est et restera au cœur de mon action». Autant de propos traduisant la volonté des plus hautes autorités de faire converger protection des populations, conservation environnementale et innovation technologique.

À travers cette collaboration avec l’ANINF, le Gabon franchit ainsi une nouvelle étape dans sa politique de transformation numérique. En mettant la technologie au service des communautés rurales, le pays entend démontrer qu’il est possible de concilier développement durable, justice sociale et préservation du patrimoine naturel, au bénéfice des générations présentes et futures.

 
GR
 

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