Connectivité, sécurité, innovation : le Gabon place le spatial au cœur de ses ambitions futures
La réflexion sur l’avenir des communications spatiales au Gabon est au cœur d’une réflexion, ce lundi 27 juillet, à Libreville, avec l’ouverture du «Séminaire sur l’évolution à venir des communications spatiales, risques économiques et souveraineté», présidé par le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba. Réunissant les principaux acteurs institutionnels du secteur, dont le directeur général de l’Ageos, Aboubakar Mambimba Ndjoungui, et celui de l’Aninf, Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, cette rencontre se veut un cadre stratégique pour définir les orientations nationales en matière de connectivité satellitaire et de souveraineté numérique.

Le ministre de l’Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, posant avec les participants aux travaux. © GabonReview
Dans le cadre de la réflexion sur les communications spatiales pour renforcer la souveraineté numérique face aux transformations de l’économie mondiale, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a lancé, le 27 juillet, consacré au «Séminaire sur l’évolution à venir des communications spatiales, risques économiques et souveraineté». À travers ces travaux réunissant les principales institutions techniques et sécuritaires, à savoir l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (Ageos) et l’Agence Nationale des infrastructures numériques et des fréquences (Aninf), le pays ambitionne de poser les bases d’une politique nationale des communications satellitaires. L’objectif étant de faire du secteur spatial un outil de souveraineté, de résilience et de développement durable.
«Le spatial n’est plus un domaine réservé à quelques grandes puissances»
En ouverture des travaux, Mark-Alexandre Doumba a posé les enjeux d’une transformation profonde et inscrit le spatial au cœur des rapports de puissance contemporains. «Nous vivons une période décisive. Les choix que nous faisons aujourd’hui en matière d’infrastructures numériques et spatiales détermineront notre capacité à garantir notre souveraineté, notre sécurité, notre compétitivité économique et notre développement pour les décennies à venir», a-t-il fait savoir. Insistant sur la nécessité d’anticiper les mutations technologiques, il a rappelé que «le spatial n’est plus un domaine réservé à quelques grandes puissances», mais constitue désormais «un levier stratégique de souveraineté, de croissance économique, d’innovation et de résilience».

Instantanés des travaux sur l’évolution à venir des communications spatiales au Gabon. © GabonReview
La question de la complémentarité entre infrastructures terrestres et solutions satellitaires s’impose comme un axe structurant lors des travaux. Face aux limites du déploiement de la fibre optique, notamment dans un pays couvert à 88% de forêts, le ministre a souligné la nécessité d’un modèle hybride. Pour lui, «le satellite est une technologie qui doit d’abord venir comme étant complémentaire à notre technologie terrestre». L’objectif est ainsi de garantir une connectivité équitable sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones enclavées, maritimes ou à forte activité économique. «L’enjeu de l’économie numérique, c’est [de savoir si] la digitalisation est équitable [si] tout le monde a accès à ces services-là», a-t-il insisté, relevant que l’accès universel à Internet demeure une priorité présidentielle.
Faire émerger un écosystème spatial gabonais, capable de soutenir le développement économique
Les travaux du séminaire s’articulent autour de plusieurs axes, allant du diagnostic des besoins nationaux à l’analyse des technologies spatiales, en passant par les infrastructures numériques, les plateformes de digitalisation et le cadre réglementaire. Les ateliers thématiques doivent notamment permettre d’identifier les solutions adaptées aux besoins des administrations, des populations et des secteurs stratégiques, tout en intégrant les impératifs de sécurité, de cybersécurité et de gestion des données. «Le séminaire… doit précisément nous permettre de construire cette vision», a indiqué le ministre, en appelant à des recommandations «concrètes, ambitieuses et orientées vers l’action», capables de «sécuriser les communications stratégiques de l’État» et de «consolider notre souveraineté numérique».
Pour l’Ageos, ce séminaire constitue également une opportunité de valoriser les acquis du Gabon dans le domaine spatial et de structurer une politique cohérente à long terme. «Le ministre nous a demandé un certain nombre de recommandations… pour pouvoir dérouler la feuille de route auprès du chef de l’État», a expliqué son directeur général, Aboubakar Mambimba Ndjoungui. Illustrant l’impact attendu, il a souligné que le satellite pourrait transformer l’accès aux services publics. «L’idée, c’est que depuis là-bas, le citoyen peut prendre un rendez-vous avec le médecin ici, et ça va très vite», a-t-il ajouté. À l’issue des travaux, un document stratégique de recommandations sera remis au gouvernement, avec pour ambition de faire émerger un véritable écosystème spatial gabonais, capable de soutenir le développement économique, de renforcer la sécurité nationale et de positionner le pays comme un acteur de référence en Afrique centrale.















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