Criminalité financière : les magistrats du Gabon formés pour traquer l’argent sale
Face à une criminalité financière de plus en plus sophistiquée, la justice gabonaise affûte ses armes. Une quarantaine de magistrats du siège, du parquet, des juridictions, ainsi que des élèves magistrats des ordres financier et judiciaire, prennent part, du 9 au 11 septembre, à l’École nationale de la magistrature (ENM), à Libreville, à une formation consacrée au «Blanchiment des capitaux et à la détection des flux d’origine criminelle». Les travaux ont été ouverts, le mercredi 9 septembre, par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane.

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, ouvrant les travaux. © D.R.
Le Gabon renforce son arsenal judiciaire contre le blanchiment d’argent avec une formation intensive de trois jours, ouverte le 9 septembre, à l’École nationale de la magistrature (ENM) de Libreville. Une quarantaine de magistrats du siège, du parquet, des juridictions financières et judiciaires, ainsi que des élèves magistrats, y participent pour affiner leurs pratiques en matière de détection des flux d’origine criminelle.
Outre des qualifications juridiques, l’enjeu est désormais de savoir suivre l’argent, identifier les circuits frauduleux et remonter jusqu’aux véritables bénéficiaires. Pendant trois jours, les participants seront ainsi outillés sur l’identification des mécanismes de blanchiment, l’analyse des mouvements de fonds, la détection des flux atypiques, l’identification des bénéficiaires effectifs et l’analyse patrimoniale.
La formation porte également sur l’exploitation du renseignement financier, ainsi que sur les procédures de saisie et de confiscation des avoirs issus d’activités criminelles. Autant d’outils destinés à rendre la réponse judiciaire plus efficace face aux montages financiers complexes.
Faire de la justice gabonaise un maillon mieux armé pour détecter, poursuivre et surtout priver la criminalité de ses profits

Les participants posant à l’ouverture des travaux. © D.R.
Pour le Garde des Sceaux, Augustin Emane, cette montée en compétences s’inscrit dans un contexte marqué par la volonté des plus hautes autorités de combattre l’impunité financière. Le ministre a notamment appelé les acteurs judiciaires à dépasser une logique d’intervention a posteriori pour privilégier une démarche «davantage préventive, analytique et patrimoniale», capable de suivre les flux, d’identifier les avoirs et de retrouver les bénéficiaires réels des opérations. «La lutte contre la criminalité financière est une responsabilité collective», a-t-il insisté, relevant la nécessité de disposer «d’institutions judiciaires fortes, compétentes et dotées des outils nécessaires» à leur mission.
Cette session traduit également la volonté de l’ENM de renforcer, de manière pérenne, les capacités de la magistrature face aux nouvelles formes de criminalité économique. Son directeur général, Armand Yebe, a réaffirmé l’ambition de l’institution de contribuer à la mise en œuvre du sixième pilier du Plan national de croissance et de développement (PNCD 2026-2030), en faisant de la formation continue un levier de modernisation de la justice.
Soutenue techniquement et financièrement par le Programme des Nations unies pour le développement et la République d’Italie, avec l’intervention d’experts spécialisés, l’initiative vise ainsi à faire de la justice gabonaise un maillon mieux armé pour détecter, poursuivre et surtout priver la criminalité de ses profits.
















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