Reçu en audience le 30 août à Makokou par Brice Clotaire Oligui Nguema, le représentant spécial du président de la Commission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, a estimé que le chef de l’État gabonais pouvait « apporter beaucoup de solutions » aux crises qui secouent la région. Une déclaration qui ouvre la perspective d’un rôle diplomatique accru pour Libreville sur les dossiers sahéliens.

Le président gabonais et les membres de la délégation de l’Union africaine conduite par e représentant spécial du président de la Commission, le 30 août 2026, à Makokou. © Communication présidentielle

 

Et si le Gabon devenait un nouvel acteur de la médiation dans les crises au Sahel ? La question se pose au regard des propos tenus, le 30 août à Makokou, par le représentant spécial du président de la Commission de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel et chef de la MISAHEL, Mamadou Tangara.

Reçu en audience par le président de la République à l’occasion de la Fête de la Libération, l’émissaire de l’organisation panafricaine a mis en avant les capacités de Brice Clotaire Oligui Nguema à contribuer à la recherche de solutions aux crises qui traversent le Sahel et le continent.

« Nous pensons que le Président peut apporter beaucoup de solutions aux problèmes qui s’imposent à nous », a déclaré Mamadou Tangara à l’issue de son entretien avec le chef de l’État.

Libreville courtisé pour son expérience

Le propos est d’autant plus significatif qu’il intervient alors que le Sahel demeure confronté à une succession de crises politiques et sécuritaires, tandis que les mécanismes traditionnels de médiation peinent à produire des résultats durables.

Dans ce contexte, l’émissaire de l’UA a vanté la « sagesse politique », la maîtrise des grands enjeux géopolitiques et le pragmatisme du président gabonais. Autant de qualités susceptibles, selon lui, de permettre à Oligui Nguema de prendre part aux efforts de règlement des crises africaines.

Aucune mission formelle de médiation n’a toutefois été annoncée à l’issue de cette audience. Mais le message délivré par le représentant de l’Union africaine pourrait être interprété comme une reconnaissance du potentiel diplomatique du chef de l’État gabonais, au-delà des frontières du Gabon.

La Transition gabonaise comme argument diplomatique

Mamadou Tangara a également porté un regard particulièrement favorable sur l’expérience gabonaise depuis le changement de régime du 30 août 2023. Il a qualifié la Transition de « modèle d’excellence » et de « belle réussite », appelée selon lui à inspirer d’autres pays africains.

Une appréciation qui pourrait renforcer la capacité de Libreville à faire valoir son expérience dans les discussions continentales. Trois ans après le renversement d’Ali Bongo Ondimba, les autorités gabonaises cherchent en effet à transformer le changement politique intervenu en 2023 en levier d’influence diplomatique.

L’audience du 30 août s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large : celle d’un Gabon qui entend peser davantage dans les débats africains sur la paix, la stabilité et la gouvernance.

Vers une nouvelle stature continentale ?

Pour la présidence gabonaise, les échanges avec Mamadou Tangara illustrent la montée en puissance d’une « diplomatie d’impact » conduite par Oligui Nguema. Le chef de l’État est présenté comme un dirigeant capable d’écouter, de dialoguer avec ses pairs et de contribuer à la recherche de compromis.

Reste à savoir si cette reconnaissance se traduira concrètement par une implication du président gabonais dans les processus de médiation au Sahel. Pour l’heure, l’Union africaine ne lui a attribué aucun mandat spécifique sur les crises de la région.

Mais en affirmant publiquement qu’Oligui Nguema « peut apporter beaucoup de solutions » aux problèmes auxquels l’Afrique est confrontée, son représentant spécial a clairement posé les jalons d’une possible nouvelle séquence diplomatique pour Libreville.

 
GR
 

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