À l’issue de sa deuxième session ordinaire de l’année 2026, organisé, le 29 juin à Yaoundé, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a opté pour un nouvel assouplissement de sa politique monétaire, dans un contexte marqué par une inflation maîtrisée et des perspectives économiques globalement stables. Les travaux ont été présidés par le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, qui a conduit les échanges autour des dynamiques économiques internationales et sous-régionales.

Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, présidant les travaux de la deuxième session ordinaire, de l’année 2026, du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). © D.R.

 

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a tenu, le 29 juin, à Yaoundé, sa deuxième session ordinaire de l’année 2026, sous la présidence de Yvon Sana Bangui, gouverneur de l’institution et président statutaire du Comité. Les travaux, consacrés à l’analyse de la conjoncture économique internationale et des perspectives macroéconomiques de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), ont été suivis d’une conférence de presse avec les journalistes des directions nationales de la BEAC. À l’issue des travaux, le CPM a décidé d’assouplir davantage l’orientation de la politique monétaire afin d’accompagner la dynamique économique sous-régionale.

Renforcement attendu de la position financière de la sous-région

Sur le plan international, les membres du Comité ont relevé un environnement marqué par des incertitudes persistantes, notamment en raison des tensions géopolitiques qui continuent de peser sur l’activité mondiale. On évoque les blocages au niveau du détroit d’Ormuz et la poursuite du conflit entre l’Ukraine et la Russie. Selon les perspectives économiques examinées lors de la session, la croissance mondiale devrait ralentir en 2026 pour s’établir à 3,1 %, contre 3,4 % en 2025. Dans la Cemac, les projections des services de la BEAC font toutefois ressortir une évolution globalement favorable, avec une croissance attendue à 3,2 % en 2026, une inflation contenue à 2,4 %, sous la norme communautaire, ainsi qu’une amélioration progressive des équilibres extérieurs.

Les indicateurs analysés par le CPM traduisent également un renforcement attendu de la position financière de la sous-région. Le Comité prévoit notamment une réduction du déficit budgétaire, qui passerait de 3,7 % du PIB en 2025 à 1,9 % du PIB en 2026, tandis que le déficit du compte courant devrait se contracter pour atteindre 2,9 % du PIB. Les réserves de change devraient, pour leur part, progresser pour représenter 4,72 mois d’importations de biens et services à fin 2026, contre 4,12 mois en 2025. Cette évolution confirme, selon le CPM, «un renforcement de la position extérieure de la Cemac» dans un contexte d’inflation maîtrisée.

Maintenir un équilibre entre la stabilité monétaire, la préservation des réserves extérieures et le soutien à la croissance économique régionale

À l’issue de ses délibérations, le Comité de politique monétaire a adopté plusieurs mesures destinées à faciliter les conditions de financement dans l’espace communautaire. Il a ainsi décidé d’abaisser le Taux d’intérêt des Appels d’offres (TIAO) de 4,75 % à 4,50 %, le taux de la facilité de prêt marginal de 6,25 % à 5,75 %, ainsi que les coefficients des réserves obligatoires, ramenés de 7,00 % à 6,50 % sur les exigibilités à vue et de 4,50 % à 4,00 % sur les exigibilités à terme. En revanche, le taux de la facilité de dépôt demeure inchangé à 0,00 %.

À travers ces décisions, le CPM entend offrir davantage de marges de manœuvre au système bancaire et favoriser un meilleur accès au crédit pour soutenir l’investissement et l’activité économique dans les États membres de la Cemac. «Ces décisions interviennent dans un contexte marqué par une inflation maîtrisée, une amélioration attendue des réserves de change et un renforcement de la position extérieure de la Cemac», a rappelé le Comité. Cette nouvelle orientation participe ainsi à la volonté de la BEAC de maintenir un équilibre entre la stabilité monétaire, la préservation des réserves extérieures et le soutien à la croissance économique régionale.

 
GR
 

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