Déclaration de N’Djamena sur l’eau : le Gabon signe et s’engage sur l’accès universel
Le Gabon a signé la Déclaration de N’Djamena sur l’eau, adoptée à l’issue du Forum africain de l’eau organisé les 15 et 16 juillet dans la capitale tchadienne. Le document, paraphé par le ministre de l’Accès Universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, dont GabonReview a obtenu copie, engage les États signataires sur trois priorités : l’eau pour les populations, pour les systèmes alimentaires et pour la planète. Il les appelle surtout à élaborer des Pactes pour l’Eau, véritables instruments d’investissement assortis de mécanismes de suivi.

En signant la Déclaration de N’Djamena, le ministre Philippe Tonangoye engage le Gabon sur la voie d’un Pacte national pour l’Eau. © Image générée par IA / GabonReview
Après la séquence des discours, celle des engagements. Réunis à N’Djamena sous l’égide du gouvernement tchadien et du Groupe de la Banque mondiale, les États et gouvernements africains, aux côtés des organisations régionales et des Organisations de Bassins Transfrontaliers, ont adopté une déclaration commune «pour l’eau au service des populations, des systèmes alimentaires, de la planète et de la prospérité en Afrique». Le texte s’inscrit dans le déploiement de l’initiative Water Forward, lancée par la Banque mondiale lors de ses réunions du printemps 2026.
Le constat posé par les signataires est sans détour : des millions d’Africains n’ont toujours pas accès à des services d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène sûrs et durables, tandis que sécheresses, inondations, dégradation des écosystèmes et urbanisation rapide exercent une pression croissante sur la ressource. Y répondre exige, selon le document, «des institutions fortes, des opérateurs performants et redevables, des réformes ambitieuses» ainsi qu’une mobilisation accrue des financements publics et privés.
Trois priorités et une batterie d’engagements
La déclaration structure l’action autour de trois axes. L’eau au service des populations d’abord, avec l’objectif d’un accès universel, équitable, abordable et résilient à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, une attention particulière étant portée aux femmes, aux jeunes, aux zones rurales et aux quartiers urbains précaires. L’eau au service des systèmes alimentaires ensuite, par la modernisation des infrastructures hydrauliques et d’irrigation dans une approche intégrée du nexus eau-énergie-alimentation. L’eau pour la planète enfin, à travers la protection des fleuves, lacs, zones humides et aquifères, et l’adaptation aux chocs climatiques.
Les signataires s’engagent notamment à renforcer la gouvernance, la performance opérationnelle et la viabilité financière des opérateurs du secteur, «notamment par la digitalisation, la réduction des pertes d’eau et l’amélioration continue de la qualité du service», à accélérer les réformes, à accroître les investissements publics et à créer un environnement favorable à la participation du secteur privé, entre partenariats public-privé, gestion déléguée et concessions. Autant de chantiers qui résonnent directement avec la situation gabonaise, où la SEEG concentre les critiques sur la qualité du service et les pertes sur les réseaux.
Des Pactes pour l’Eau comme prochaine étape
Au-delà des principes, le texte appelle les pays à élaborer et mettre en œuvre des Pactes pour l’Eau, définis comme des instruments d’investissement et de mise en œuvre comportant des priorités d’investissement, un portefeuille prioritaire de projets, des réformes sectorielles, des besoins financiers chiffrés et des mécanismes de coordination. Les États sont invités à traduire ces engagements dans leurs documents de planification et leurs cadres budgétaires, avec un suivi régulier via des indicateurs, des revues périodiques et des tableaux de bord.
Pour le Gabon, la signature de Philippe Tonangoye ouvre donc un chantier plus exigeant que la cérémonie de N’Djamena : celui de la formulation d’un Pacte national pour l’Eau, avec des projets identifiés et des financements à mobiliser auprès des banques multilatérales et des investisseurs privés. Dans un pays où l’accès à l’eau potable reste un motif récurrent de grogne sociale, la déclaration fournit désormais un référentiel précis à l’aune duquel l’action du gouvernement pourra être évaluée. De la vision à l’action, selon le thème du forum : les populations, elles, attendent surtout l’eau au robinet.















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