Trente ans qu’ils vivent sur ce terrain derrière le gouvernorat de l’Estuaire, à Libreville. Aujourd’hui, les bulldozers approchent, et personne ne leur a encore dit où ils iront. Alors que les travaux de réhabilitation des voiries et de construction d’un nouveau marché doivent bientôt démarrer, les personnes vivant avec un handicap (PVH) installées sur le site ont exprimé leurs inquiétudes quant à leur avenir. En visite ce vendredi 31 juillet, la ministre des Affaires sociales, Dre Armande Longo épouse Moulengui, est venue les rassurer et recueillir leurs préoccupations.

‎La ministre des Affaires sociales, Dr Armande Longo (à gauche) et son équipe en discussion avec les PVH, le 31 juillet 2026 à Libreville. ©️ GabonReview

 

Consciente des inquiétudes exprimées sur le site, la ministre des Affaires sociales, la Dr Armande Longo épouse Moulengui, a effectué une descente de terrain afin d’échanger directement avec les principaux concernés, notamment les personnes à mobilité réduite et les membres de l’Association des sourds.

Une visite «purement professionnelle»

Un moment de la visite, dont une vue des travaux en cours. ©️ GabonReview

Selon elle, cette démarche répond à une sollicitation du ministère de l’Intérieur dans le cadre des opérations de démolition prévues dans la zone. «Notre visite s’inscrit dans un cadre purement professionnel. Il était important de rencontrer nos populations cibles afin de les rassurer. Le président de la République a fait de l’inclusion une priorité et quelque chose sera fait pour elles», a-t-elle déclaré.

La ministre a indiqué que les échanges avec les résidents permettront de transmettre leurs préoccupations aux plus hautes autorités. Si les occupants ne s’opposent pas au projet, ils souhaitent avant tout bénéficier d’un relogement adapté. «Ils ne sont pas contre la casse, mais ils demandent un relogement. Pour l’association des sourds, par exemple, il est essentiel de préserver un espace où ses membres pourront continuer à se retrouver», a-t-elle souligné.

La question du relogement, une priorité pour les PVH

Du côté des représentants des personnes vivant avec un handicap (PVH), le message porte sur le relogement. Le vice-président de la Commission du dialogue social inclusif et personne ressource des PVH, Julien Ndong Nyare, affirme que les occupants ne rejettent pas le projet de modernisation, mais souhaitent être fixés sur leur future destination : «Nous sommes ici depuis près de trente ans, nous demandons simplement que notre relogement soit anticipé afin d’éviter toute précarisation», a-t-il déclaré.

Même préoccupation chez le responsable de l’Association omnisports des sourds, Ibrahim Adjagbe, qui redoute une dispersion des membres de son organisation en cas de démolition sans solution de remplacement. Il espère que les autorités prendront en compte la spécificité de son association avant le lancement effectif des travaux.

Le projet, lui, suit son cours

Présent sur le site, le chef de chantier du Consortium international des travaux publics (CITP), Ndiaye, a précisé que les travaux concernent la réhabilitation des routes existantes ainsi que la construction d’un marché sur cette plateforme. Les études techniques étant en cours de finalisation, le démarrage effectif des différentes phases dépendra des autorités compétentes.

Si ces travaux s’inscrivent dans la dynamique de modernisation de la capitale, les personnes vivant avec un handicap attendent désormais que les engagements pris en faveur de leur inclusion se traduisent par des solutions concrètes de relogement avant le début des démolitions.

Thécia Nyomba

 

 
GR
 

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