Dépôts sauvages : le Grand Libreville sort l’artillerie lourde contre l’insalubrité
Face à la prolifération des dépôts sauvages et aux incivilités qui dégradent le cadre de vie, les autorités municipales du Grand Libreville annoncent un dispositif qu’elles estiment dissuasif, combinant renforcement des sanctions, création de brigades de propreté et mobilisation des populations. Une campagne de sensibilisation est également prévue pour responsabiliser les usagers. Des mesures issues de la rencontre du 7 septembre dernier à Owendo.

Les autorités municipales prévoient une révision du cadre légal et fiscal afin de renforcer les sanctions financières applicables aux comportements portant atteinte à la salubrité publique.© D.R.
Le ton est donné. Dans le Grand Libreville, la lutte contre l’insalubrité devrait désormais s’appuyer davantage sur la dissuasion et le contrôle. À l’issue d’une séance de travail tenue lundi 7 septembre à Owendo, les autorités municipales ont arrêté une série de mesures destinées à endiguer les dépôts anarchiques d’ordures et les comportements inciviques qui dégradent l’environnement urbain.
L’initiative, présentée comme une traduction opérationnelle des directives du chef de l’État, concerne les communes de Libreville, Akanda, Ntoum et Owendo. Elle repose sur trois principes : «Volonté, Capacité, Discipline».
Des sanctions plus lourdes en préparation
Parmi les principales mesures retenues figure le durcissement du dispositif répressif. Les autorités prévoient une révision du cadre légal et fiscal afin de renforcer les sanctions financières applicables aux comportements portant atteinte à la salubrité publique.
L’objectif est de rendre les règles plus dissuasives et de responsabiliser davantage les ménages, commerçants et opérateurs économiques. Les taxes liées à la gestion de la salubrité devraient également être ajustées dans le cadre de ce nouveau dispositif.
Un projet de loi doit, à cet effet, être porté par le ministère de la Réforme et des Institutions afin d’inscrire durablement ces nouvelles dispositions dans le cadre réglementaire.
Des brigades dans les communes
La répression ne constituera toutefois qu’un volet de la stratégie. Les autorités municipales prévoient également de renforcer considérablement la présence sur le terrain.
Une Brigade de propreté doit ainsi être créée dans chacune des quatre communes du Grand Libreville, avec un déploiement dans les différents arrondissements. Des équipes pédestres de proximité seront également mobilisées pour intervenir au plus près des quartiers.
Ces équipes devraient associer les populations, les auxiliaires de commandement et les associations, avec pour ambition de faire de la surveillance et de l’entretien du cadre de vie une responsabilité davantage partagée.
Les autorités envisagent, par ailleurs, le recours à des forces spécialisées, sous réquisition du ministère de la Défense, pour appuyer les opérations de salubrité publique.
«Mon déchet, ma responsabilité»
À côté du volet coercitif, la municipalité de Libreville entend miser sur la sensibilisation. Une campagne devrait ainsi être déployée autour d’un mot d’ordre sans ambiguïté : «Mon déchet, ma responsabilité».
Spots audiovisuels et actions de proximité doivent accompagner cette campagne afin de rappeler les règles élémentaires de gestion des déchets et, surtout, d’interpeller les citoyens sur leur responsabilité dans la préservation du cadre de vie.
L’enjeu est notamment de rompre avec les comportements consistant à déposer les déchets dans les espaces publics, en dehors des dispositifs prévus à cet effet. Pour les autorités, la propreté du Grand Libreville ne peut relever des seules administrations municipales.
Un calendrier resserré
Les autorités veulent éviter que ces annonces restent au stade des intentions. L’état des lieux détaillé, prévu mardi 8 septembre à l’Hôtel de Ville de Libreville sous la supervision des directions générales de l’Environnement (DGE) et de l’Aménagement, de la Construction, de l’Habitat et de l’Urbanisme (DGCHAU), devait permettre de préciser les actions à engager.
Le plan d’action global consolidé devait ensuite être présenté mercredi 9 septembre au vice-président du gouvernement, en vue du démarrage des opérations.
À travers ce dispositif, les municipalités du Grand Libreville affichent donc leur volonté de combiner sanction, contrôle et sensibilisation. Reste désormais à traduire ces engagements en opérations visibles dans les quartiers, alors que l’insalubrité demeure l’un des principaux marqueurs de la dégradation du cadre de vie dans l’agglomération.
















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