«Dignité en Détention» : à Mabignath, SOS Prisonniers sensibilise et invite à éviter les dérives menant à la prison
Au lycée Georges Mabignath, la campagne de sensibilisation initiée par l’ONG SOS Prisonniers Gabon dans le cadre du projet «Dignité en Détention» a placé, le 18 mai, la jeunesse au cœur d’un vaste plaidoyer pour la prévention des violences et la promotion des droits humains. Conduite par l’ex-député de la Transition, Lionel Ella Engonga, la série d’échanges et de sensibilisation vise à alerter les jeunes apprenants sur les conséquences des comportements déviants susceptibles de conduire à des conflits avec la loi. Ainsi, les initiateurs du projet entendent agir en amont afin d’éviter que des adolescents ne basculent dans l’univers carcéral.

Un moment de sensibilisation des jeunes apprenants aux lycée Mabignath, à Libreville. © D.R.
«Cette sensibilisation a pour objectif de présenter à nos jeunes les droits humains et d’aborder les violences en milieu scolaire», a expliqué le président de SOS Prisonniers Gabon, Lionel Ella Engonga, à l’occasion de la journée de sensibilisation initiée, le 18 mai, dans le cadre du projet «Dignité en Détention», notamment au lycée Georges Mabignath. «Nous avons des droits, c’est vrai, mais en même temps, nous avons des devoirs, des obligations», a-t-il fait savoir, s’adressant à ces jeunes. Ce, dans un contexte marqué par la recrudescence des violences scolaires et l’introduction d’objets prohibés dans certains établissements.
«Personne ne souhaite que son enfant se retrouve en milieu carcéral»
Pendant cette sensibilisation, les élèves du lycée Georges Mabignath ont ainsi été invités à dialoguer librement avec les équipes de sensibilisation. Pour Lionel Ella Engonga, cette approche préventive répond à une nécessité sociale. «Personne ne souhaite que son enfant, la jeunesse de demain, l’avenir de notre pays, se retrouve en milieu carcéral», a-t-il insisté, avant de souligner les conséquences de l’incarcération sur le parcours éducatif des jeunes. Pour lui, «un an passé en prison équivaut à pratiquement cinq ans d’études hypothéquées et un avenir hypothéqué».
Les échanges ont également permis d’évoquer les difficultés vécues par plusieurs apprenants, notamment les cas de harcèlement, de moqueries ou encore les réactions disproportionnées face à certaines provocations. «Beaucoup veulent se défendre», a reconnu Lionel Ella Engonga, notant toutefois que «la légitime défense doit être proportionnelle à l’action qui a été posée». Cette campagne de sensibilisation, lancée le 18 mai et prévue jusqu’au 22 du même mois, s’inscrit dans une dynamique nationale portée par le projet «Dignité en Détention». Pilotée par SOS Prisonniers Gabon avec l’appui de l’ONG française Agir ensemble pour les Droits humains et financée par l’Union européenne (UE) à hauteur de plus de 320 millions de francs CFA, cette initiative entend, de même, améliorer les conditions de vie des détenus tout en renforçant le respect des droits fondamentaux dans les établissements pénitentiaires.
Bâtir une culture citoyenne fondée sur la responsabilité, le respect des droits humains…
Au-delà de la sensibilisation des jeunes, le programme prévoit par ailleurs des formations destinées aux agents de la Sécurité pénitentiaire et aux Officiers de police judiciaire, ainsi qu’un accompagnement des détenus à travers des visites, des distributions de produits de première nécessité et une permanence téléphonique destinée à maintenir les liens familiaux. «Il vaut mieux prévenir que guérir», a rappelé le député de la Transition, convaincu que la prévention demeure l’arme la plus efficace contre la délinquance juvénile.
Au terme de cette première étape au lycée Georges Mabignath, les responsables de SOS Prisonniers Gabon se sont félicités de la forte réceptivité des élèves. «Les enfants arrivent à communiquer et c’est l’un des points positifs que nous pouvons relever lors de cette première journée de sensibilisation», a confié Lionel Ella Engonga. L’organisation prévoit désormais d’étendre cette campagne à d’autres établissements de Libreville, mais aussi aux communes d’Akanda et d’Owendo, afin de porter le message «le plus loin possible». À travers cette démarche, les promoteurs du projet ambitionnent de prévenir les violences scolaires et la marginalisation des jeunes, mais également de bâtir une culture citoyenne fondée sur la responsabilité, le respect des droits humains et la dignité de chaque individu, y compris en milieu carcéral.













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