Discours à la Nation : Oligui Nguema dresse un bilan de mi-parcours et annonce la candidature de Libreville à l’UA
À la faveur de la 66ème fête de l’indépendance, Brice Clotaire Oligui Nguema a livré un discours à la Nation dense et sans détour, mêlant revendications diplomatiques, aveux sur la crise de l’eau et de l’électricité et annonce d’une candidature de Libreville pour accueillir le prochain Sommet de l’Union africaine.

Brice Clotaire Oligui Nguema, le 16 août 2026, face à la Nation, entre bilan assumé et ambitions affichées pour le Gabon de 2026. © Communication présidentielle Gabon
À la veille du 66ème anniversaire de l’indépendance, le président de la République a livré un discours mêlant bilan d’étape, aveu de difficultés persistantes et annonces structurantes pour l’avenir du pays.
Prononcée dans un format inédit puisque les célébrations s’étendent désormais sur plusieurs jours et ne se limitent plus à la seule parade militaire, l’allocution présidentielle a d’abord été placée sous le signe de la mémoire. Brice Clotaire Oligui Nguema a cité Léon Mba, premier président du Gabon indépendant, avant d’affirmer que «l’indépendance n’est jamais définitivement acquise» et qu’elle «se démontre chaque jour par la force de nos institutions».
Un bilan diplomatique et infrastructurel revendiqué
Le chef de l’État a longuement évoqué l’activité diplomatique de ces trois dernières années, citant sa récente visite d’État à Paris ainsi que sa tournée en Afrique de l’Ouest comme des étapes majeures ayant permis d’obtenir, selon ses mots, «des accords d’investissement stratégiques pour moderniser nos infrastructures». Il a insisté sur le fait que ces résultats avaient été obtenus «dans la sérénité, dans la clarté, dans le respect mutuel et la transparence», tout en réaffirmant que «l’intérêt supérieur de la Nation doit prévaloir».
Sur le plan intérieur, le président a énuméré plusieurs chantiers livrés ou en cours, du Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba à la Cité Administrative Émeraude, en passant par les centres de santé d’Akébé et de Bikélé. Il a par ailleurs annoncé l’achèvement de l’Université Polyvalente du Cap Estérias, dont une partie des programmes sera consacrée aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration.
La crise de l’eau et de l’électricité reconnue sans solution chiffrée
Le chef de l’État n’a pas éludé la question énergétique. Il a reconnu que «la situation vécue par de nombreux ménages n’est pas acceptable» et a assuré connaître «l’impatience des familles, des commerçants et des entreprises». Il a toutefois annoncé une réorientation stratégique vers le transport et la distribution, jugeant que produire davantage d’énergie ne servirait à rien tant que les réseaux demeureraient fragiles.
Dans le même mouvement, il a dénoncé les comportements inciviques, notamment le non-paiement des factures et le sabotage, avant de lancer un appel direct aux investisseurs à se positionner sur ce secteur désormais ouvert.
Une ambition continentale pour Libreville
L’annonce la plus notable du discours concerne la candidature de Libreville pour accueillir le prochain Sommet de l’Union africaine, une perspective présentée comme une démonstration de stabilité et de capacité d’organisation. Le président a également adressé un avertissement aux propriétaires d’immeubles et de chantiers inachevés bordant les grands axes de la capitale, évoquant la préparation de mesures normatives permettant leur réquisition pour cause d’intérêt général.
Le chef de l’État a conclu son adresse en appelant à la persévérance de la jeunesse gabonaise et en réaffirmant sa détermination à poursuivre, selon ses termes, « le redressement de notre pays ».















1 Commentaire
Le Gabon n’est pas que Libreville. Aucun projet de société mentionné.
Et par dessus le marché le Président fait appel aux investisseurs pour l’eau et l’électricité.
C’est dire que le Grand Sommet de l’Union Africaine souffrira des coupures.
Avons-nous besoin de dépenser pour les grands sommets lorsque nous n’avons ni routes, ni eau ni électricité?
On recommet les mêmes erreurs des Bongo et ce n’est pas étonnant.
Comme on dit au Sud de la France, »Vouloir péter plus haut que son derrière »…
Où sont les logements sociaux et des hôpitaux décents dans tout le pays? Les salles de classes bondés, l’agriculture sans routes? 54 km de route nationale qui trainent depuis on ne sait plus quand