Données énergétiques : la CEMAC veut parler d’une même voix
Réunis à Libreville, les ministres de l’Énergie des six pays de la Cémac examinent les conditions de mise en place d’un système régional d’information énergétique. L’objectif est de disposer de statistiques harmonisées pour mieux orienter les politiques et projets du secteur.

Les officiels à l’ouverture de rencontre. © GabonReview
Les ministres de l’Énergie des États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) sont réunis depuis ce matin au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, à Libreville, autour du projet de Système d’information énergétique communautaire (SIE-Cémac). La rencontre rassemble également le directeur exécutif de l’Agence africaine de l’énergie (AFREC), des experts et des partenaires au développement. Au centre des échanges figure la nécessité de rapprocher les méthodes utilisées dans les six pays pour produire, traiter et partager les données du secteur. La démarche doit permettre de disposer d’informations fiables et comparables sur la production, la consommation, les échanges et les autres indicateurs énergétiques.
Des données mieux harmonisées
Ces données doivent également faciliter la préparation et le suivi des politiques publiques. À l’ouverture des travaux, le ministre gabonais de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a insisté sur la qualité des informations disponibles. « Nous devons disposer de données fiables, régulières, comparables et suffisamment désagrégées », a-t-il déclaré. Il a également appelé à renforcer leur traçabilité, leur accessibilité et leur sécurité. Le président de la Commission de la Cémac, Baltasar Engonga Edjo’o, a rappelé que le futur système doit contribuer à la mise en œuvre de la politique énergétique communautaire adoptée en 2017 à l’horizon 2035.

Instantané des travaux. © GabonReview
Il devra notamment accompagner les projets d’interconnexion des réseaux nationaux et la perspective de création d’un marché régional de l’électricité. Un projet de règlement soumis aux ministres fixe, de son côté, les modalités envisagées pour la collecte, le traitement, la conservation et la diffusion des données énergétiques. Les travaux doivent aussi permettre d’évaluer l’état d’avancement des systèmes nationaux et d’identifier les difficultés qui freinent leur rapprochement.
L’AFREC sollicitée pour l’accompagnement
Pour le Gabon, la réussite de cette démarche passe aussi par un soutien technique et financier. Philippe Tonangoye a ainsi plaidé auprès de l’AFREC pour un « appui franc, sincère et constant » aux États membres. L’harmonisation des systèmes nationaux nécessite, selon lui, des moyens adaptés ainsi qu’une architecture numérique moderne, interopérable et sécurisée. La question de la protection des informations sensibles reste également posée. Le ministre gabonais a souligné que le partage de certaines données énergétiques doit être encadré, celles-ci relevant de la souveraineté nationale.
À terme, le SIE-Cémac doit constituer un tableau de bord régional destiné à améliorer la connaissance du secteur énergétique. Il devra aussi faciliter la coopération entre les États et fournir aux décideurs des informations communes pour accompagner les projets et les politiques énergétiques de la sous-région.
















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