Réunissant 60 officiers issus de onze pays africains, la 34ᵉ promotion de l’École d’État-Major de Libreville (EEML) a reçu ses diplômes, mercredi, au terme de 43 semaines de formation. Placée sous le parrainage du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, cette promotion marque une nouvelle étape dans le rayonnement régional de cet établissement, présenté comme un pilier de la coopération militaire entre le Gabon et la France et de la montée en puissance des capacités africaines en matière de défense.

Photo de famille après le baptême et la remise des diplômes à la 34ᵉ promotion. © Communication VPG

 

L’École d’État-Major de Libreville (EEML) a procédé, mercredi 8 juillet 2026, au baptême et à la remise des diplômes de sa 34ᵉ promotion. La cérémonie, organisée en présence de nombreuses autorités politiques, diplomatiques et militaires, a consacré soixante officiers stagiaires venus de onze pays africains, appelés à occuper des fonctions de conception et de conduite des opérations au sein de leurs armées respectives.

Cette cuvée 2026 présente plusieurs particularités. Pour la première fois depuis la création de l’école en 2002, un officier de la République fédérale démocratique d’Éthiopie a intégré la formation. La promotion compte également cinq officiers féminins, dont trois Gabonaises, une Béninoise et une Malgache.

Une formation tournée vers les réalités opérationnelles

Pendant 43 semaines, les stagiaires ont suivi un programme mêlant enseignement théorique, planification opérationnelle et exercices de terrain. La formation s’est notamment appuyée sur la méthode MEDOT ainsi que sur une immersion au Centre d’entraînement au combat des Forces de défense gabonaises (CEC-FOGA) de Malibé.

Au nom du général de brigade Pamphile Mouissi, Igouwé Abdoulaye a insisté sur la rigueur méthodologique attendue des futurs officiers d’état-major. « Sans méthode, vous ne pourrez ni analyser avec justesse, ni planifier avec cohérence, ni proposer une aide à la décision pertinente », a-t-il déclaré.

Les stagiaires ont également validé un Master professionnel développé en partenariat avec l’Université Omar-Bongo, renforçant ainsi la dimension académique de cette formation militaire.

Un creuset de coopération africaine

Prenant la parole, l’ambassadeur, haut représentant de la République française, a mis en avant la diversité des profils réunis à Libreville.

« Vous êtes 60 officiers diplômés représentant 11 pays. Ce creuset de diversité où vous avez vécu 43 semaines de formation intensive vous aura permis de mieux percevoir les enjeux et les défis qui se posent à votre continent », a-t-il affirmé.

Depuis sa création il y a 24 ans, l’EEML a formé plus de 1 590 officiers africains, consolidant sa vocation régionale et son rôle dans le développement d’une culture stratégique commune.

La ministre d’État, ministre de la Défense nationale, Brigitte Onkanowa, a, pour sa part, rappelé l’attachement de l’établissement à sa devise, « Cultiver l’Excellence », saluant une coopération franco-gabonaise « agissante et exemplaire » qui « consacre l’expertise et le savoir-faire des Gabonais et des Français qui y assurent au quotidien la conduite et l’animation pédagogique ».

« La sécurité est le premier socle du développement économique »

Parrain de cette 34ᵉ promotion, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a souligné la responsabilité qui attend désormais les nouveaux brevetés. « Être le parrain de cette promotion n’est pas seulement un honneur protocolaire, c’est aussi un engagement moral envers ceux qui, demain, porteront la responsabilité de la conception opérationnelle et de la décision stratégique au sein de nos armées », a-t-il déclaré.

Fort de son expérience diplomatique, il a rappelé le lien étroit entre défense et développement. « Il n’y a pas de diplomatie forte sans une défense solide et la sécurité est le premier socle du développement économique », a-t-il insisté.

S’adressant enfin aux officiers venus des différents pays africains, il les a invités à faire vivre l’esprit de coopération forgé à Libreville. « Vous repartez chez vous avec un brevet, mais vous y emportez aussi un peu du Gabon. Vous êtes désormais les ambassadeurs de cette fraternité d’armes qui est le socle de la sécurité collective en Afrique », a-t-il conclu.

La 34ᵉ promotion rassemble 60 officiers originaires du Bénin (5), du Burundi (3), du Congo (4), de la Côte d’Ivoire (5), de la République démocratique du Congo (4), de l’Éthiopie (1), du Gabon (14), de la Guinée (6), de Madagascar (4), du Sénégal (5) et du Togo (5). À l’issue de leur formation, ils regagneront leurs armées respectives pour mettre en œuvre les compétences acquises face aux défis sécuritaires auxquels le continent est confronté.

 
GR
 

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