EEG : le pasteur président rejette le comité de sages du ministère de l’Intérieur
La crise institutionnelle qui secoue l’Église évangélique du Gabon (EEG) prend une nouvelle tournure. Le Révérend Jean Daniel Allogo Essimengane, pasteur président désigné à l’issue du Synode national d’août 2026, conteste le dispositif de médiation annoncé par le ministère de l’Intérieur et affirme que l’Église entend régler ses affaires internes conformément à ses propres textes.

Le Révérend Jean-Daniel Allogo-Essimengane conteste le dispositif de médiation annoncé par le ministère de l’Intérieur. © D.R.
Réuni le 17 septembre 2026 au siège national de l’Église évangélique du Gabon (EEG), à Baraka Mission, le Révérend Jean Daniel Allogo Essimengane a clairement affiché la position de son institution face au dispositif annoncé par le ministère de l’Intérieur. L’EEG ne reconnaît pas le comité de sages et de facilitateurs appelé à accompagner la sortie de crise au sein de la communauté religieuse. Cette déclaration intervient après la suspension, à titre conservatoire, du directoire de l’Église et l’annonce d’une médiation devant notamment ouvrir la voie à un nouveau Synode et à une nouvelle élection du pasteur président.
Pour le responsable de l’EEG, la crise actuelle ne remet pas en cause la légitimité des organes issus du Synode national tenu du 3 au 10 août 2026. Selon lui, cette instance a procédé, conformément aux textes de l’Église, à la mise en place d’un nouveau Conseil National et à la désignation du pasteur président pour le mandat 2026-2030. Le processus électoral, affirme-t-il, s’est déroulé dans le respect des règles internes, avant que deux pasteurs ne saisissent le ministère de l’Intérieur pour contester le «directoire actuel de l’EEG».
C’est dans ce contexte que le ministère de l’Intérieur a, le 14 août 2026, décidé de suspendre provisoirement le directoire. Un mois plus tard, le 15 septembre, le ministère annonçait prendre acte d’une initiative interne de médiation prévoyant la création temporaire d’un comité de sages et de facilitateurs. Une démarche que la direction actuelle de l’EEG ne semble pas disposée à reconnaître. Le Révérend Jean Daniel Allogo Essimengane invoque notamment l’article 45 de la Constitution de l’Église, qui consacre le Synode national comme son instance suprême, ainsi que le principe constitutionnel de séparation entre l’État et les religions.
Le Conseil national comme seul organe habilité
Dans cette logique, le pasteur président maintient que le Conseil national issu du dernier Synode demeure l’organe national habilité à exercer ses responsabilités. L’EEG entend ainsi préserver son autonomie institutionnelle tout en appelant ses membres à éviter toute escalade. Dans sa déclaration, le responsable religieux invite les fidèles au calme, à la prière et à la sauvegarde de l’unité de l’Église. Il tend également «fraternellement la main» aux pasteurs et fidèles contestant le processus, en privilégiant le dialogue et la paix.
Malgré la persistance du désaccord institutionnel, l’EEG annonce la reprise de l’ensemble de ses activités pastorales et ecclésiastiques dans ses paroisses et structures à compter du dimanche 4 octobre 2026. Une reprise qui se veut placée sous le signe de la sérénité et de l’unité. Reste désormais à savoir comment évolueront les rapports entre la direction de l’EEG et le dispositif de médiation annoncé par les autorités, alors que la question de la légitimité des organes dirigeants demeure au centre de la crise.
















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