Église évangélique du Gabon : le Comité des sages promet une transition «neutre» vers de nouvelles élections
Mis en place à la suite de la suspension conservatoire du directoire de l’Église évangélique du Gabon (EEG), le Comité des sages et des laïcs émérites entend accompagner temporairement l’institution vers de nouvelles élections. Devant les tensions persistantes, il promet une «neutralité absolue», une démarche inclusive et appelle pasteurs et fidèles à l’apaisement.

Révérend pasteur Clément Obame Mezui, doyen des anciens présidents de l’EEG et représentant du comité, sur le plateau du JT de Gabon 1ère, le 17 septembre 2026 (capture d’écran). © GabonReview
Le Comité des sages et des laïcs émérites de l’Église évangélique du Gabon (EEG) a officiellement pris la parole, le 17 septembre sur le plateau du JT de Gabon 1ère. Par la voix du Révérend pasteur Clément Obame Mezui, doyen des anciens présidents de l’EEG et représentant de cette instance récemment mise en place, le comité a annoncé son engagement à accompagner, de manière transitoire, l’Église vers l’organisation de nouvelles élections «libres et transparentes».
Cette prise de parole intervient après la décision du ministère de l’Intérieur du 14 août 2026 portant suspension conservatoire du directoire de l’EEG. Dans ce contexte présenté comme une «situation d’exception», le Comité des sages entend jouer un rôle de médiation et de stabilisation, sans s’inscrire dans la durée ni favoriser une quelconque tendance.
Une «neutralité absolue»
Le premier engagement affiché par le comité concerne sa neutralité. «Devant Dieu et devant les hommes, le comité s’engage solennellement à observer une neutralité absolue en se tenant strictement au-dessus des clivages et en refusant de céder à l’influence d’une quelconque fraction», a déclaré Clément Obame Mezui.
L’instance assure également vouloir garantir une démarche inclusive. Aucun acteur de la communauté évangélique ne devrait, selon elle, être marginalisé dans le processus appelé à conduire au renouvellement des instances dirigeantes de l’Église.
«Notre démarche sera pleinement inclusive, garantissant qu’aucun acteur de notre communauté ne soit marginalisé», a insisté le représentant du Comité des sages, appelant les quatre régions synodales à contribuer collectivement au dépassement de la crise.
Restaurer la confiance
Au-delà de l’organisation des prochaines échéances électorales, le comité affirme vouloir œuvrer à la restauration de la confiance au sein de l’institution. Sa mission, précise-t-il, ne consiste ni à prolonger les affrontements antérieurs ni à consacrer des vainqueurs et des vaincus.
«Notre mission n’est pas de prolonger les affrontements du passé, ni de désigner des vainqueurs et des vaincus, mais de restaurer la confiance mutuelle afin de préparer sereinement un retour rapide à l’ordre institutionnel», a expliqué le Révérend pasteur.
Le Comité des sages rappelle ainsi le caractère temporaire de la transition. Les responsabilités assumées dans cette période ne doivent pas être assimilées à des positions de pouvoir, mais à des «ministères de service».
Appel à l’apaisement
Dans une Église secouée par les tensions et les divisions, le comité a également lancé un appel à la retenue à l’ensemble du corps pastoral et aux fidèles.
Il exhorte les pasteurs à faire preuve de modération dans leurs paroisses et invite les chrétiens à se détourner «des rumeurs, des calomnies, des intimidations et de toute parole destructive». À l’inverse, il préconise la prière, le respect mutuel et la préservation du lien fraternel.
«Les divergences de vue sont naturelles mais elles ne doivent en aucun cas briser le lien de la charité fraternelle ni faire oublier que nous appartenons tous au même corps du Christ», a rappelé Clément Obame Mezui.
L’intérêt général comme boussole
Dans cette phase transitoire, le Comité des sages affirme enfin vouloir placer l’intérêt général de l’Église au-dessus des intérêts particuliers. Sa démarche devra, selon le communiqué, s’inscrire dans le respect de la pérennité juridique et spirituelle de l’institution, sous l’autorité des Saintes Écritures, présentées comme «notre seule règle de foi et de vie».
Entre neutralité, inclusion, apaisement et préparation de nouvelles élections, le comité entend ainsi accompagner l’EEG vers un retour à son fonctionnement institutionnel normal. Une mission dont la réussite dépendra notamment de sa capacité à maintenir le dialogue entre les différentes composantes de l’Église et à préserver le climat nécessaire à la tenue d’un scrutin présenté comme libre et transparent.
















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