Énergie : la CEMAC veut des données fiables pour sortir des décisions à l’aveugle
Mieux connaître les besoins et les ressources pour mieux décider : à Libreville, les six États de la CEMAC ont fait du partage des données un chantier de l’intégration énergétique. Achevée le 25 septembre, la réunion ministérielle consacrée au Système d’information énergétique communautaire (SIE-CEMAC) a débouché sur une dizaine de résolutions. L’ambition : bâtir une information fiable et commune pour orienter les politiques et les projets de la sous-région.

Les officiels à la fin des travaux. © D.R.
Au terme des travaux de Libreville, le 25 septembre, les représentants des six États membres ont approuvé le texte portant création du dispositif ainsi qu’une feuille de route destinée à améliorer la production, l’harmonisation, la sécurisation et le partage des données énergétiques. Derrière cette architecture statistique se joue un enjeu concret : disposer d’une information fiable pour mieux planifier les politiques énergétiques et accompagner les projets communautaires.
Les ministres ont insisté sur la nécessité de construire un système « cohérent, comparable, crédible », capable de répondre aux exigences des partenaires techniques et financiers. Le texte fixe les modalités de collecte, de traitement, de diffusion et d’archivage des données. Il précise également les missions du SIE-CEMAC, en faisant de la mutualisation de l’information une priorité. Les systèmes d’information énergétique nationaux (SIEN) doivent constituer le socle du dispositif régional, ce qui suppose de renforcer leur fonctionnement, leurs moyens humains et leurs mécanismes de financement.
La répartition des responsabilités a également occupé une place centrale dans les échanges. La désignation de points focaux doit permettre de préciser qui produit, collecte, contrôle, valide, consolide et diffuse les informations. Pour le ministre gabonais de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, cette organisation conditionne la fiabilité du système. « Nous ne construirons pas une intégration énergétique durable sans construire simultanément une intégration de nos systèmes d’information », a-t-il déclaré, appelant à faire des données énergétiques « un bien stratégique commun, partagé, sécurisé et au service de notre développement sous-régional ».
Les ministres ont également retenu l’harmonisation des statistiques, des méthodes de collecte, des indicateurs et des référentiels énergétiques. Ils prévoient une mobilisation coordonnée des partenaires techniques et financiers autour d’un portefeuille commun de projets.
Les résolutions approuvées à Libreville doivent désormais être transmises au Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC) pour adoption. Cette étape institutionnelle doit précéder leur mise en œuvre. « Nous devons traduire nos engagements en actions, en financements, en réalisations, avec des résultats mesurables », a insisté Philippe Tonangoye. Avec le SIE-CEMAC, les États veulent ainsi faire des statistiques énergétiques un véritable outil de décision : une base commune pour planifier les investissements et faire avancer l’intégration sous-régionale.
















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