À Essassa, derrière Berthe et Jean, la polémique foncière prend une nouvelle dimension. Selon le directeur général de la SNI, Jean-Pierre Ondounda, plus de 5 000 personnes auraient acheté des terrains auprès d’environ 100 vendeurs, pour un montant dépassant les 20 milliards de FCFA. Une véritable «industrie» de la vente illicite que la société entend désormais stopper.

Le directeur général de la Société nationale immobilière, Jean-Pierre Ondounda, sur le site d’Essassa, le 5 septembre 2026. © GabonReview

À Essassa, la colère des occupants cache, selon la Société nationale immobilière (SNI), une réalité beaucoup plus complexe. Sur ce site couvert par un titre foncier, les ventes de terrains se seraient poursuivies pendant plusieurs années malgré les campagnes de sensibilisation engagées depuis 2018. « On a vendu au moins à 5 000 personnes les terrains ici pour une valeur qui dépasse les 20 milliards », affirme, Jean-Pierre Ondounda, directeur général de la SNI.

Derrière ces transactions, une centaine de personnes ou de familles auraient vendu des parcelles qui, selon la SNI, ne leur appartenaient pas. Le risque est désormais de voir les acheteurs se retourner contre les vendeurs pour réclamer leur argent. « Vous avez vendu un terrain qui ne vous appartient pas, remboursez-nous notre argent », résume le responsable, qui décrit Essassa comme le théâtre d’un véritable marché parallèle. À l’entrée de Berthe et Jean, les terrains se négociaient autrefois sur de simples bouts de papier. « C’était une industrie », tranche-t-il.

Le foncier ne serait d’ailleurs pas le seul enjeu. La SNI évoque également l’exploitation et la commercialisation de latérite et de bois sur le site. « C’est une mine d’or. Et les gens voulaient accaparer cette mine d’or-là pour la vendre », dénonce le DG. Une situation que la société entend désormais inverser en reprenant le contrôle du foncier et en organisant l’occupation du site.

Près de 2 000 personnes concernées par le processus de régularisation

Aperçu des travaux effectués sur le site d’Essassa. © GabonReview

Pour autant, la SNI assure ne pas vouloir mettre à la rue les occupants ayant construit. Entre 1 500 et 2 000 personnes seraient concernées par le processus de régularisation. «On n’a pas touché, on n’a pas cassé qui que ce soit. On a intégré tout le monde qui a le cadre bâti», soutient le directeur général. La régularisation est toutefois limitée aux superficies effectivement bâties, avec des montants annoncés de 600 000 FCFA jusqu’à 2 000 m² et 1,2 million de FCFA jusqu’à 5 000 m², sous certaines conditions.

En parallèle, la SNI veut tourner la page du foncier vendu sous le manteau en proposant désormais des parcelles aménagées et sécurisées. À Essassa, le mètre carré est commercialisé à 5 500 FCFA, soit 2,75 millions de FCFA pour une parcelle standard de 500 m². Une nouvelle donne qui tranche avec les transactions informelles dénoncées par la société et entend faire du site un espace foncier davantage encadré. Reste désormais à solder le contentieux avec les occupants et, surtout, à déterminer les responsabilités dans ce qui apparaît comme l’un des plus importants marchés fonciers informels de la périphérie de Libreville.

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment