À Essassa, dans la zone dite «Derrière Berthe et Jean», le collectif des occupants est monté au créneau à la suite des opérations menées dans le cadre du projet de la Société nationale immobilière (SNI). Il dénonce la destruction de biens et d’investissements, estimant que ces opérations contredisent les assurances précédemment données aux occupants de bonne foi.

Le collectif des occupants d’Essassa Derrière Berthe et Jean lors d’une rencontre avec le gouverneur de la province de l’Estuaire, le 30 juillet 2026. © GabonReview

 

À Essassa, derrière Berthe et Jean, la colère monte. Alors que des opérations immobilières sont menées sur le site par la Société nationale immobilière (SNI), le collectif des occupants dénonce la destruction de maisons et d’investissements réalisés sur place. Une situation que ses membres jugent contraire aux engagements qui leur avaient été présentés.

Pour le Dr Franck-Armand Makaya, secrétaire général du collectif, les occupants avaient pourtant accueilli avec soulagement les assurances données par les autorités. Celles-ci leur auraient fait comprendre que les habitants considérés comme de bonne foi seraient régularisés et intégrés au projet plutôt que déguerpis. «Nous sommes aujourd’hui dans un désespoir total parce que lorsque les autorités, notamment le ministre de l’Habitat et la SNI, sont venues nous trouver ici, ils nous ont effectivement fait savoir que le président de la République avait pris une mesure sociale qui consistait à régulariser les habitants de bonne foi», explique-t-il au micro de Radio Gabon.

Selon le responsable du collectif, cette annonce avait suscité beaucoup d’espoir chez les occupants, qui y voyaient une possibilité de sécuriser leurs biens. « Nous avons accueilli cette mesure avec beaucoup de joie parce qu’elle consistait effectivement à donner à tout un gabarit la sécurité foncière. Alors, aujourd’hui, notre détresse vient du fait que, par rapport à ce qui a été annoncé sur le terrain, nous constatons le contraire. Alors nous sommes aujourd’hui victimes de destructions de biens, nous avons quasiment tout perdu », déplore le Dr Makaya.

«Nous ne sommes pas contre le projet de développement»

Le collectif assure ne pas remettre en cause la nécessité de développer et de moderniser le pays. Il demande plutôt que les occupants ayant investi sur ces terrains soient pris en compte dans la mise en œuvre du projet. «Nous ne sommes pas contre le projet de développement de l’étude du chef de l’État, mais nous qui avions déjà investi sur ces terrains-là, on nous a fait savoir qu’on ne devait pas nous déguerpir, qu’on devait être intégrés à ce projet», soutient le secrétaire général.

Le collectif affirme notamment que plusieurs propriétaires de terrains non bâtis auraient vu leurs investissements disparaître sans qu’une solution alternative ne leur soit proposée. Il réclame ainsi l’ouverture d’un dialogue avec la SNI et la mise en place de mesures d’accompagnement pour les personnes affectées.

Face à cette situation, une demande d’audience a été adressée au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, accompagnée d’un mémorandum contenant des propositions. Le collectif sollicite son intervention afin de parvenir à une issue jugée équitable. « Nous demandons son arbitrage afin qu’effectivement, une solution équitable soit trouvée dans ce conflit, parce qu’aujourd’hui, beaucoup de familles gabonaises, notamment derrière Berthe et Jean, se retrouvent aujourd’hui dans la rue », plaide le Dr Franck-Armand Makaya.

En attendant une réponse des autorités, les occupants disent vivre dans l’incertitude, tandis que les opérations de destruction se poursuivent. Le collectif appelle donc à l’apaisement, au dialogue et à la recherche d’un compromis permettant de concilier les impératifs du projet immobilier avec la protection des investissements réalisés par les occupants.

 
GR
 

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