La 5ᵉ édition du Festival international du livre gabonais et des arts (FILIGA) a fermé ses portes le 30 mai au Musée national des Arts, Rites et Traditions du Gabon. Trois jours de célébration du livre et de la culture africaine, sous le thème «L’Afrique et ses diasporas : regards croisés sur le monde», non sans quelques frictions autour du prix de certains ouvrages, jugés trop élevés par une partie du public.

Livres, arts et cultures africaines : les stands du FILIGA 2026 ont animé trois jours durant le Musée national des Arts, Rites et Traditions du Gabon. © GabonReview

 

La 5ᵉ édition du Festival international du livre gabonais et des arts s’est achevée samedi 30 mai à Libreville sur un bilan en demi-teinte. Riche de programmation, diverse dans ses voix, portée par le thème «L’Afrique et ses diasporas : regards croisés sur le monde», cette édition a néanmoins révélé un contraste saisissant entre l’ambition affichée et la réalité du terrain : le public, lui, n’était guère au rendez-vous.

«On était obligé d’acheter des livres entre auteurs»

Le FILIGA 2026 a réuni auteurs, éditeurs et acteurs culturels venus d’horizons divers, dans une édition marquée par le débat sur l’accessibilité du livre gabonais. © GabonReview

Sur les stands, la déception était palpable. L’écrivaine Hermine n’a pas mâché ses mots : «Cette année, on cherche le public. On était obligé d’acheter des livres entre auteurs pour pouvoir s’encourager.» Un aveu amer, qui traduit un malaise largement partagé par les exposants, dont nombre avaient fait le déplacement depuis les pays voisins ou depuis la France.

La baisse de fréquentation par rapport à l’édition précédente, soulignée par plusieurs acteurs, pose avec acuité la question de l’attractivité durable du festival. Les efforts de programmation et de visibilité déployés par les organisateurs n’ont visiblement pas suffi à drainer les foules espérées.

Le livre gabonais, trop cher pour son propre festival

Mais c’est la question du prix qui a concentré les critiques les plus vives. Face aux ouvrages étrangers proposés entre 5 500 et 8 000 FCFA, les livres d’auteurs gabonais débutent à 10 000 FCFA. «Pour un festival, les prix devaient être abordables. Les livres qui viennent d’ailleurs sont à 5 500, 6 000 ou 8 000 FCFA, mais le made in Gabon est cher», a tranché un visiteur.

Ce différentiel de tarification a ravivé un débat ancien sur la politique de commercialisation du livre gabonais, particulièrement dans les espaces culturels censés favoriser sa diffusion auprès du grand public.

Distinctions en clôture, questions en suspens

Malgré ces zones d’ombre, le FILIGA 2026 s’est conclu sur une cérémonie de remise de distinctions, saluant les talents littéraires et encourageant la création. Une note de reconnaissance qui témoigne de la vitalité des acteurs culturels engagés dans l’aventure.

Attractivité, accessibilité, ancrage populaire : les prochaines éditions devront apporter des réponses concrètes si ce rendez-vous entend retrouver pleinement son élan populaire.

Thécia Nyomba

 

 
GR
 

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