Hydroélectricité : le Gabon, EDF et GPC signent à Paris un protocole d’engagement pour Booué
L’État gabonais, EDF Power Solutions et Gabon Power Company ont signé à Paris un protocole d’engagement mutuel relatif au développement du projet hydroélectrique de Booué. Paraphé en présence des présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron, le texte confirme les partenaires de référence du projet et fixe au 31 octobre 2026 l’échéance de signature d’un accord de développement.

Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, lors de l’échange des parapheurs à l’Élysée, le 20 juillet 2026, en présence des présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron. © Communication présidentielle
La cérémonie s’est tenue le 20 juillet 2026, en marge de la visite d’État du chef de l’État gabonais en France. Le document a été signé par Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, pour la République gabonaise, Béatrice Buffon, présidente-directrice générale d’EDF Power Solutions SA, et Philippe Jr. Ossoucah, directeur général de Gabon Power Company (GPC). Il a été établi en trois exemplaires originaux.
Le préambule du protocole présente Booué comme une infrastructure stratégique destinée à renforcer durablement les capacités de production électrique du Gabon et à soutenir son développement industriel. Le texte s’inscrit dans le prolongement de deux protocoles d’accord antérieurs, signés le 23 octobre 2025 et le 11 mai 2026, qui avaient établi le cadre du pré-développement du projet et ouvert des négociations exclusives entre l’État gabonais, EDF Power Solutions via sa filiale EDF Development Africa, et GPC.
Des partenaires de référence confirmés
Par ce protocole, l’État gabonais confirme le choix d’EDF Development Africa et de Gabon Power Company comme partenaires de référence pour le développement du projet, dans le cadre des mémorandums en vigueur. Une confirmation apportée au plus haut niveau, en présence des deux chefs d’État.
En retour, EDF et GPC réaffirment leur engagement à mobiliser leurs expertises techniques, environnementales, sociales et financières pour développer le projet, en étroite coordination avec l’État gabonais. Le document précise que la présente lettre traduit la volonté commune des signataires et ne se substitue pas aux deux protocoles d’accord existants, qui demeurent le socle contractuel du projet.
Une échéance fixée au 31 octobre 2026
Les trois signataires s’engagent à mobiliser les ressources nécessaires pour poursuivre les négociations en cours, avec pour objectif la signature d’un accord de développement du projet d’ici le 31 octobre 2026. Cet accord précisera le budget de développement, la répartition des rôles entre les signataires, la gouvernance du projet ainsi que le calendrier des études à réaliser avant la fin de l’année 2027, afin d’assurer une mise en œuvre diligente.
Pour garantir le respect de ce calendrier, le protocole institue un comité de pilotage réunissant les entités signataires. Cette instance se réunira tous les mois afin de suivre l’avancement des négociations jusqu’à la signature de l’accord.
Un aménagement de 400 MW sur l’Ogooué
Le projet hydroélectrique de Booué est implanté sur le fleuve Ogooué, dans la province de l’Ogooué-Ivindo. D’une capacité installée estimée à 400 mégawatts, il est appelé à devenir l’un des plus importants aménagements hydroélectriques de la sous-région. Sa configuration au fil de l’eau vise à maintenir le débit écologique du fleuve, et l’ensemble comprend un barrage, une centrale hydroélectrique et un poste de transformation destiné à injecter l’énergie produite dans le réseau national.
Le projet a connu plusieurs avancées ces derniers mois. Le 1er juin 2026, une mission conduite à Booué par le ministre Philippe Tonangoye, aux côtés des équipes de GPC et de la Banque mondiale, a permis de visiter les deux sites retenus pour accueillir les principales infrastructures et de lancer officiellement les études de faisabilité. En marge de l’Africa Energy Forum du Cap, quelques jours plus tard, la Société financière internationale confirmait son intérêt pour l’accompagnement technique et financier de l’ouvrage, après son engagement sur le barrage de Kinguélé Aval.
Pour les autorités gabonaises, Booué doit accroître durablement les capacités nationales de production, soutenir l’industrialisation du pays et améliorer l’accès des populations à une énergie fiable et compétitive. Le pays dispose aujourd’hui d’une capacité installée d’environ 700 MW pour une demande estimée à 1 039 MW, et son potentiel hydroélectrique n’est exploité qu’à hauteur de 13 %.















2 Commentaires
Je suis heureux de lire que la « configuration (du projet) au fil de l’eau vise à maintenir le débit écologique du fleuve ». C’est un point important pour la nature et pour les pécheurs artisanaux et sportifs. Cela montre qu’il y a au moins parfois un arbitrage sincère entre développement économique et conservation de la nature. Inch Allah.
[…] de France Power Solutions and Gabon Power Company (GPC) signed a mutual commitment protocol on July 20 for the Booué hydropower project. If realized, the 400 MW facility would lift Gabon’s […]