Fonction publique : «l’avancement automatique n’existe nulle part, parce qu’il est inéquitable» (Laurence Ndong)
En présentant récemment l’état d’avancement de la réforme de la Fonction publique devant le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, la ministre Laurence Ndong a défendu la suppression de l’avancement automatique des fonctionnaires. Jugé «inéquitable», ce mécanisme devrait céder la place à une évolution de carrière fondée sur le mérite, la performance et une évaluation associant hiérarchie, agents et usagers.

La ministre de la Fonction publique (au milieu) pendant la séance de travail avec le VPG (ext. droite). © Communication VPG
Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a présidé, le 31 juillet dernier, une séance de travail consacrée au suivi des réformes engagées au sein du ministère de la Fonction publique et du Renforcement des capacités. Aux côtés de la patronne du département, Laurence Ndong, il s’est enquis de l’évolution des principaux textes destinés à moderniser l’administration, notamment le nouveau Statut général de la Fonction publique et le nouveau Statut général du fonctionnaire.
L’objectif affiché est de transformer durablement la gestion des ressources humaines de l’État, en privilégiant désormais la performance, la qualité du service rendu et la responsabilisation des agents.
L’avancement automatique dans le viseur
Présentant les grandes lignes de cette réforme, Laurence Ndong a insisté sur son caractère global. Selon elle, les nouveaux textes ne se limitent pas aux carrières administratives, mais concernent également la formation initiale et continue, la digitalisation des procédures et les mécanismes d’évaluation.
«Cette réforme, qui est en cours, est une réforme globale à partir des textes de la Fonction publique. (…) Elle touche à la fois la formation initiale, la formation continue des agents publics, la digitalisation, mais il n’y a pas d’amélioration de la performance sans récompense du travail», a déclaré la ministre.
Le principal changement réside dans la disparition progressive de l’avancement automatique à l’ancienneté, remplacé par une progression de carrière conditionnée aux résultats obtenus et à l’évaluation des performances.
Pour défendre cette orientation, Laurence Ndong s’appuie sur une étude comparative menée à l’échelle internationale. «Une étude comparée des statuts de la fonction publique sur 20 pays et 4 continents [révèle que] l’avancement automatique n’existe nulle part : parce qu’il est inéquitable», a-t-elle affirmé, rapporte un compte rendu officiel.
Le membre du gouvernement a également annoncé que l’âge maximal d’accès à la Fonction publique passerait de 35 à 40 ans. Elle a précisé que le futur système d’évaluation avait déjà fait l’objet d’un consensus entre les administrations concernées.
«Le système d’évaluation tel que pensé est à ce stade adopté par l’ensemble des administrations qui ont travaillé sur le texte. Soit 29 administrations, 110 experts qui ont regardé ces deux propositions de texte, article par article et sont tous tombés d’accord sur le fait que l’avancement, le déroulement de la carrière doit être récompensé par l’effort», a-t-elle expliqué.
Une évaluation à plusieurs niveaux
Le futur dispositif d’évaluation constitue l’un des piliers de la réforme. Il reposera sur plusieurs critères destinés à apprécier aussi bien le comportement professionnel que la qualité du service rendu.
Parmi les éléments retenus figurent notamment la ponctualité, l’assiduité, le respect de la déontologie, l’éthique professionnelle ainsi que l’atteinte des objectifs assignés.
L’originalité du mécanisme réside également dans son caractère participatif. Les agents seront appelés à s’auto-évaluer, tandis que les usagers du service public donneront leur appréciation sur les prestations reçues. Les responsables hiérarchiques seront eux aussi évalués par leurs collaborateurs, avant un examen des résultats par des commissions ministérielles.
«L’agent public va s’auto-évaluer, les usagers du service public vont évaluer celui qui rend ce service public (…). Les agents publics vont également évaluer leur chef de service, directeurs généraux, car tout le monde doit s’améliorer», a précisé Laurence Ndong.
En parallèle, le ministère entend revoir les modalités de recrutement en privilégiant progressivement les concours organisés par les écoles nationales de formation, avec l’ambition de mieux adapter les profils aux besoins de l’administration.
«On ne peut pas amorcer la Cinquième République avec les instruments de la Quatrième»
À l’issue de la présentation, Hermann Immongault a rappelé la portée politique de cette réforme, qu’il considère comme indispensable à la transformation de l’État.
«C’est une réforme attendue. On ne peut pas amorcer la Cinquième République avec les instruments de la Quatrième République et des pratiques qui ne correspondent plus aux objectifs du chef de l’État», a-t-il déclaré.
Le vice-président du Gouvernement a invité le ministère à poursuivre son travail de pédagogie afin d’expliquer les objectifs de la réforme et les différentes étapes de sa mise en œuvre, estimant qu’au-delà des textes, c’est l’ensemble de l’écosystème de la Fonction publique qui devra évoluer pour accompagner la modernisation de l’administration gabonaise.















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