En déplacement au village Mveng Ayong, dans le département du Komo-Kango, le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, a dressé un constat préoccupant sur les conditions de vie des populations riveraines des zones forestières. Face à la faible présence d’activités génératrices de revenus, il a appelé à une meilleure redistribution des retombées de l’exploitation forestière, notamment à travers le paiement effectif du Fonds de développement local.

Le ministre Maurice Ntossui Allogo demandant au directeur provincial des Eaux et Forêts de l’Estuaire de veiller au respect des obligations des sociétés forestières, le 29 juin 2026. © GabonReview

 

Lors de sa visite consacrée au lancement du Fonds Cadre Mondial pour la Biodiversité (GBFF) dans la zone de Mveng Ayong le 29 juin 2026, le ministre Maurice Ntossui Allogo a profité de son passage pour s’enquérir des réalités vécues par les populations locales. Après avoir parcouru plusieurs villages entre la route nationale et le site visité, le membre du gouvernement a déploré l’état d’abandon apparent de certaines localités. «J’ai parcouru une bonne dizaine de villages. C’est pratiquement désert. Les villages sont abandonnés. Je ne vois aucune activité génératrice de revenus», a-t-il constaté.

Pour le ministre, cette situation contraste avec le potentiel dont disposent ces territoires, notamment en ressources naturelles. Il a identifié l’accès routier comme l’un des principaux leviers du développement local. « On ne peut pas parler de développement s’il n’y a pas la route », a-t-il rappelé, tout en saluant les premiers travaux engagés par l’État dans cette direction.

Au-delà des infrastructures, le ministre a surtout mis en lumière la question des retombées économiques liées à l’exploitation forestière. Interrogeant les responsables présents sur le nombre de concessions forestières dans la zone, il a demandé des éclaircissements sur la contribution des entreprises exploitantes au Fonds de développement local. « Il y a des concessions forestières ici. Qui exploite le bois dans cette zone ? Est-ce que cette société paye le Fonds de développement local ? », a-t-il questionné, avant de demander au directeur provincial des Eaux et Forêts de l’Estuaire de veiller au respect des obligations des sociétés forestières.

Les communautés riveraines doivent bénéficier des ressources issues de leur environnement

Selon lui, les communautés riveraines doivent bénéficier davantage des ressources issues de leur environnement. Il s’est notamment interrogé sur l’écart entre les revenus générés par les concessions forestières et les bénéfices réellement perçus par les villages concernés. Le ministre a également demandé une révision de la mercuriale appliquée au bois issu des forêts communautaires, estimant que les prix actuels ne permettent pas aux populations de tirer pleinement profit de leurs ressources. « Il est hors de question qu’on vienne prendre le bois gratuitement ici alors que les populations ne profitent pas de cette exploitation », a-t-il insisté, rappelant que ces revenus doivent permettre aux communautés de développer l’agriculture, l’élevage ou d’autres activités génératrices de revenus.

Maurice Ntossui Allogo a également soulevé la question du contrôle des volumes de bois exploités et de la redistribution des fonds issus de cette activité. « Qui vérifie la quantité de mètres cubes de bois qui sort de ces zones-là ? Et comment est-ce réparti avec les villages d’ici ? », a-t-il demandé. Pour le membre du gouvernement, l’enjeu dépasse les considérations politiques. Il s’agit, selon lui, de réduire les inégalités et de permettre aux populations rurales de bénéficier des richesses présentes sur leurs terres.

Cette démarche s’inscrit également dans la dynamique du Fonds de biodiversité appelé à soutenir des initiatives locales en faveur du développement durable et de la préservation des écosystèmes.

 
GR
 

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