Future prison de Nkoltang : un projet chiffré à 90 milliards de FCFA sur 12 hectares
Le projet de construction de la maison d’arrêt de Nkoltang se précise. Lundi 12 octobre 2026, le Groupe Swiss Invest et son partenaire Karlinblok ont présenté au ministre de la Justice, Augustin Emane, un avant-projet de complexe pénitentiaire évalué à 90 milliards de FCFA. D’une capacité annoncée de 1 108 détenus, l’infrastructure est conçue pour répondre aux standards internationaux en matière de détention et de respect des droits humains.

Un moment de la rencontre au cabinet du ministre de la Justice. © D.R.
À Nkoltang, dans le deuxième arrondissement de la commune de Ntoum, la présentation de l’avant-projet d’un complexe pénitentiaire s’est déroulée en présence du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane, des responsables administratifs de son département ministériel, d’officiers supérieurs de la Sécurité pénitentiaire et de l’homme d’affaires El Hadj Omar, présenté comme facilitateur du Gabon auprès des instances financières internationales pour le financement de projets structurants.
Un complexe pénitentiaire de 12 hectares
Conçu par l’architecte Milos Kobza, du cabinet Karlinblok, le futur établissement devrait s’étendre sur près de 12 hectares. Le projet prévoit huit blocs de détention en étages, avec une capacité annoncée de 250 détenus par bloc. Toutefois, cette répartition devra être précisée au regard de la capacité totale annoncée de 1 108 places.
L’infrastructure intégrera également une séparation des différentes catégories de détenus, notamment les femmes, les mineurs, les prévenus et les condamnés. Au-delà des espaces de détention, le complexe devrait comprendre des bâtiments administratifs, des logements d’astreinte, une structure sanitaire, des ateliers de formation professionnelle, une bibliothèque, un espace de prière et des aires de sport. Des casernes sont également prévues pour assurer la présence quotidienne de 200 agents chargés de la sécurité du site.
Un financement proposé sur 90 milliards de FCFA
Selon les promoteurs, le projet a été élaboré en référence aux Règles Nelson Mandela des Nations unies, qui définissent les normes minimales applicables au traitement des détenus. Cette approche vise notamment à intégrer les exigences relatives aux conditions de détention et à la réinsertion sociale.
Le coût global de l’ouvrage est estimé à 120 millions d’euros, soit environ 90 milliards de FCFA. Le Groupe Swiss Invest propose d’assurer le financement du projet, avec un mécanisme de remboursement à court, moyen et long terme par l’État gabonais.
Pour le ministre de la Justice, le projet s’inscrit dans les enjeux liés aux conditions de détention et au respect des droits humains. «Les questions du bien-être carcéral m’intéressent personnellement. Il est un devoir pour les gouvernants de s’approprier ces valeurs indispensables», a souligné Augustin Emane.
À l’issue de la rencontre, la transmission d’un dossier technique a été annoncée afin de préparer des réunions d’harmonisation des protocoles nécessaires à la mobilisation des fonds. Une mission de reconnaissance du site de Nkoltang est également prévue dans les prochains jours pour permettre aux investisseurs d’évaluer les caractéristiques du terrain et les conditions de réalisation du projet.
Thécia Nyomba
















1 Commentaire
J’espère que ce projet marquera une véritable évolution du traitement des détenus dans notre pays. Au nom des valeurs d’humanité et de solidarité que je retiens de l’héritage de nos ancêtres bantous, je considère que personne ne devrait être enfermé dans des conditions qui lui retirent sa dignité.
La prison de Libreville ne devrait pas être un lieu où des êtres humains sont réduits à une simple survie, dans des conditions déshumanisantes. Priver une personne de sa liberté ne doit jamais signifier lui retirer son humanité.
Il est regrettable d’avoir attendu aussi longtemps, et la fin du régime Bongo, pour voir se préciser un projet de cette ampleur, alors que la population de la capitale a considérablement augmenté depuis la création de sa maison d’arrêt.
Mais construire une nouvelle prison ne suffira pas. Il faudra aussi garantir une alimentation correcte, l’hygiène, l’accès aux soins et un traitement respectueux, tout en préparant la réinsertion des détenus. J’espère que ce projet se concrétisera et contribuera à un système carcéral digne de notre peuple et de ses valeurs.