En marge de la Réunion annuelle des Nouveaux Champions du Forum économique mondial (Summer Davos), organisée du 22 au 27 juin à Dalian, en Chine, le ministre gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a consolidé les échanges avec les autorités chinoises autour de projets numériques structurants. L’occasion également, pour le membre du gouvernement, de défendre une vision d’une coopération internationale davantage tournée vers les résultats concrets et la création de valeur pour l’Afrique.

Mark-Alexandre Doumba et Hu Zhangliang, DGA de la CIDCA. © Com. MENDI

 

À Dalian, où se tenait la Réunion annuelle des Nouveaux Champions du Forum économique mondial, le Gabon a fait du numérique un axe majeur de sa diplomatie économique. En marge de cette rencontre internationale, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, s’est entretenu avec Hu Zhangliang, DGA de la China International Development Cooperation Agency (CIDCA), l’agence chinoise chargée de la coopération internationale au développement.

Cette séance de travail a permis aux deux parties de réaffirmer leur volonté commune d’approfondir leur partenariat stratégique dans les domaines du numérique, de l’innovation et des infrastructures technologiques. Au cœur des discussions figuraient plusieurs projets structurants portant notamment sur la connectivité, la souveraineté des données, l’hébergement des infrastructures critiques, le renforcement des capacités institutionnelles et l’accélération de la transformation digitale du Gabon.

À travers ces échanges, Libreville entend privilégier des partenariats reposant sur des investissements durables, le transfert de compétences et le développement d’infrastructures numériques capables de soutenir la modernisation de l’administration et de l’économie nationale. Cette orientation s’inscrit dans la stratégie impulsée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui place la transformation numérique parmi les principaux leviers de diversification économique et d’amélioration de l’action publique.

Faire du commerce un moteur de développement

Au-delà des entretiens bilatéraux, Mark-Alexandre Doumba a également pris part au panel intitulé « Less Talking, More Deals » consacré à l’avenir du commerce international et des investissements. Face aux décideurs politiques, chefs d’entreprise et investisseurs réunis à Dalian, le ministre a plaidé pour une coopération économique produisant des retombées tangibles pour les populations.

Mark-Alexandre Doumba lors de la Réunion annuelle des Nouveaux Champions du Forum économique mondial, en Chine. © Com. MENDI

« Dans un monde où l’innovation progresse à une vitesse sans précédent, la véritable question n’est plus de savoir si nous devons coopérer, mais comment rendre cette coopération plus efficace. Pour le Gabon, le commerce, l’investissement et le numérique doivent avant tout créer de la valeur localement, générer des emplois qualifiés et renforcer nos capacités de production », a-t-il déclaré.

Selon lui, le commerce international ne peut plus être considéré uniquement sous l’angle des échanges commerciaux. Il doit également favoriser l’industrialisation, la diffusion des technologies, le transfert de savoir-faire et l’attraction d’investissements productifs.

Le plaidoyer du Gabon pour une meilleure place de l’Afrique

Le ministre a également mis en perspective le recul de la part de l’Afrique dans les exportations mondiales, passée de 4,8 % dans les années 1970 à 2,7 % aujourd’hui, malgré la forte croissance du commerce international au cours de la même période.

Pour Mark-Alexandre Doumba, cette évolution justifie une refonte des mécanismes de coopération économique afin de permettre au continent de mieux s’intégrer dans les chaînes de valeur mondiales. « L’Afrique ne demande pas une place symbolique dans l’économie mondiale. Elle souhaite être une actrice à part entière de la création de valeur mondiale. Cela suppose davantage d’investissements productifs, davantage de transferts de technologies et des partenariats fondés sur des résultats concrets plutôt que sur des intentions », a-t-il affirmé.

Estimant que les mutations technologiques redessinent déjà les équilibres économiques internationaux, le ministre a enfin appelé à un multilatéralisme plus réactif et mieux adapté aux défis de l’économie numérique. « Nous ne pouvons pas bâtir l’économie de demain avec les mécanismes d’hier. Le numérique, l’intelligence artificielle et l’innovation redessinent déjà les équilibres mondiaux. Le défi est de faire en sorte que ces transformations profitent à tous les pays, y compris ceux du continent africain », a conclu le membre du gouvernement.

Par sa participation au Summer Davos et les échanges menés avec les autorités chinoises, le Gabon entend ainsi conforter sa position comme partenaire crédible dans l’économie numérique émergente, tout en défendant une vision d’une coopération internationale davantage orientée vers l’investissement, l’innovation et la création de valeur partagée.

 
GR
 

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