En visite à Libreville, une délégation d’opérateurs économiques chinois a présenté au vice-président du gouvernement gabonais un ambitieux projet pilote avicole. Prévu entre fin juin et début juillet 2026, ce programme vise à produire 120 000 poulets de chair sur une superficie de deux hectares, en soutien à la stratégie nationale de souveraineté alimentaire.

Les investisseurs chinois en visite sur une ferme au Gabon. © Ambassade Chine/Gabon

 

Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a reçu jeudi 2 avril 2026 à Libreville une délégation d’opérateurs économiques chinois conduite par l’ambassadeur de Chine au Gabon. Au cœur des échanges : plusieurs projets structurants dans le secteur agricole, dont un projet pilote avicole dont le lancement est annoncé dans les prochains mois.

Un projet pilote avicole dès juin-juillet

La principale annonce de cette rencontre concerne la mise en place, d’ici à la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet 2026, d’un projet pilote d’élevage de poulets de chair.

«Nous avons prévu […] de mettre en place un projet pilote d’une superficie de 2 hectares environ, qui pourra produire 120 000 poulets de chair. Par la suite, on pourra élargir ce projet sur des surfaces plus grandes en prévoyant pour ce faire un stockage de 200 000 tonnes d’aliments pour animaux environ. Le but étant de garantir que l’élevage de poulet de chair se poursuive dans de bonnes conditions», a détaillé Wu Zhentao, vice-président du CAAIE.

Ce projet s’inscrit dans une logique de montée en puissance progressive, avec une ambition d’extension à plus grande échelle afin de structurer durablement la filière avicole au Gabon.

Vers une autosuffisance en volaille

Un moment de la rencontre avec le VPG. © D.R.

Les autorités gabonaises voient dans cette initiative une réponse concrète à leurs objectifs de souveraineté alimentaire, notamment dans la perspective de l’interdiction d’importation de poulet de chair à partir de janvier 2027.

«Les projets que vous portez ici […] s’inscrivent dans les priorités du Plan national de croissance et de développement […] Parmi les mesures présidentielles fortes figure celles de l’interdiction d’importation de poulet de chair dès janvier 2027. Et donc, pour atteindre cet objectif, nous avons besoin de renforcer nos capacités locales», a déclaré Hermann Immongault.

Au-delà de l’élevage, les discussions ont également porté sur la création d’un hub de commercialisation des produits agricoles sur trois ans, ainsi que sur la mise en place d’un centre de formation dédié aux métiers agricoles.

Une coopération agricole en expansion

Présente au Gabon depuis le 29 mars, la délégation chinoise a multiplié les rencontres et visites de terrain. Elle a notamment participé à un atelier d’échanges organisé par l’ambassade de Chine, visité la Zone agricole à forte productivité (ZAP) de Kango ainsi que la ferme Agropag à Ntoum.

Des discussions ont également eu lieu avec les responsables de l’Université Omar Bongo, au cours desquelles les investisseurs ont exprimé leur intérêt pour «la création d’un centre de formation et d’innovation en sciences et technologies agricoles», selon l’ambassade de Chine au Gabon.

S’inscrivant dans un partenariat stratégique engagé depuis 1974, cette nouvelle dynamique de coopération économique entre Libreville et Pékin confirme la volonté des deux pays de renforcer leurs échanges, avec un accent particulier sur le développement agricole.

 
GR
 

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