Gabon : deux ans après la mort de Karles Stecy, SOS Prisonniers dénonce le silence de la justice
Deux ans après le décès de Karles Stecy Akue Angoué, l’Organisation non gouvernementale SOS Prisonniers Gabon (SPG) a saisi, le lundi 13 avril 2026, le ministre de la Justice, chargé des Droits humains, Augustin Émane, afin de solliciter son intervention urgente. En cause : l’absence d’informations sur l’évolution de la procédure judiciaire ouverte à la suite de ce drame survenu en octobre 2023 pendant la période du couvre-feu instaurée après le coup d’Etat un mois plus tôt.

SOS Prisonniers Gabon dit avoir saisi le ministère de la Justice dans le cadre de l’affaire relative au décès de Karles Stecy Akue Angoué survenu en 2023. © D.R.
SOS Prisonniers Gabon a annoncé, ce mercredi 15 avril 2026, avoir saisi le ministère de la Justice dans le cadre de l’affaire relative au décès d’un compatriote survenu en 2023 pendant la période du couvre-feu instaurée après le coup d’État fin août de la même année. Selon elle, la victime serait décédée le 22 octobre 2023 au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), après avoir été victime de violences présumées dans un contexte de couvre-feu instauré à cette période. D’après les éléments rapportés, dans la nuit du 12 au 13 octobre 2023, cinq individus présentés comme des militaires auraient fait irruption dans un bistrot situé à Bellevue 1, derrière le magasin CKDO d’Akébé Poste. «Les personnes présentes, dont Karles Stecy Akue Angoué, auraient été interpellées puis contraintes de marcher jusqu’au carrefour des feux tricolores de la Peyrie. Au cours de ce trajet, la victime aurait subi des violences répétées avant de s’effondrer. Admis par la suite au CHUL, il y aurait séjourné près de deux jours sans prise en charge médicale appropriée», indique l’organisation, précisant qu’il a finalement succombé à ses blessures.
À la suite des faits, la famille avait saisi le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville par une plainte déposée le 3 novembre 2023. L’affaire, qui avait alors suscité une vive émotion, avait conduit le ministère de la Défense à annoncer l’ouverture d’une enquête judiciaire. «Cette affaire, ayant profondément marqué l’opinion publique, avait conduit les autorités (…) à déclarer publiquement que les premières constatations faisaient état de la mort du jeune Karles Stecy consécutive à des violences commises par des individus en tenue militaire et encagoulés», rappelle SOS Prisonniers Gabon.
Cependant, plus de deux ans après, aucune communication officielle n’aurait été faite sur les conclusions de cette enquête. Pour l’ONG, ce silence prolongé «constitue une source profonde d’inquiétude et d’incompréhension» et soulève «de sérieuses interrogations sur l’effectivité du suivi judiciaire du dossier».
Dans ce sillage, SOS Prisonniers Gabon appelle à une relance du dossier et rappelle les dispositions du Code pénal relatives aux actes de torture et de barbarie, ainsi qu’aux violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Estimant que le droit à la vérité et à la justice doit prévaloir, l’organisation sollicite une intervention du ministre de la Justice afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire. «La vérité est un droit. La justice est une exigence. L’impunité ne peut devenir une norme», a-t-elle conclu.
Thécia Nyomba













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