Gabon : Fitch Ratings maintient le pays en zone rouge, la menace d’un défaut de paiement se précise
Le 22 mai dernier, Fitch Ratings a maintenu la note d’émetteur à long terme, en devises étrangères, du Gabon à «CCC-» et celle en monnaie locale à «CC» ; des niveaux ancrés dans la catégorie hautement spéculative. Ce qui confirme la défiance persistante des marchés financiers envers Libreville. L’agence a souligné dans son texte qu’«une note « CCC- » indique que le risque de défaut de paiement perçu demeure critique» et traduit un environnement de financement extrêmement contraint. En clair, ce maintien sanctionne notamment des projections budgétaires jugées irréalistes, perçues comme «déconnectées de la réalité économique» par les analystes.

Au-delà des chiffres, la notation de Fitch Ratings reflète des fragilités structurelles plus profondes. © GabonReview (illustration)
L’agence de notation, Fitch Ratings, a maintenu, le 22 mai dernier, la note du Gabon à des niveaux très bas, à savoir «CCC-» en devises et «CC» en monnaie locale. Toute chose confirmant un risque élevé de défaut et une forte méfiance des marchés. A l’analyse, cette décision représente des conditions de financement très difficiles et des prévisions budgétaires jugées peu réalistes par les analystes.
«D’importants besoins de refinancement, des sources de financement limitées…»
Au cœur de cette évaluation, Fitch met en avant une combinaison de déséquilibres macroéconomiques persistants. L’agence évoque «d’importants besoins de refinancement, des sources de financement limitées, une forte dépendance aux revenus volatils des hydrocarbures», ainsi qu’«une dette publique/PIB croissante». Le déficit budgétaire a atteint «12,2 % du PIB en 2025». Un niveau largement supérieur aux standards des pays comparables, sous l’effet d’une forte expansion des investissements publics. Cette stratégie s’est accompagnée d’une accumulation d’arriérés représentant «4,8 % du PIB», révélatrice des tensions aiguës de trésorerie et d’une gestion des finances publiques encore fragile.
Fitch estime, de même, que la dette publique a grimpé à «81,1 % du PIB en 2025» et pourrait atteindre «87,6 % en 2027», dans un contexte de dépendance accrue aux financements extérieurs. L’essentiel des ressources attendues proviendra notamment d’«un prêt commercial de 1 milliard de dollars de Trafigura» et de financements multilatéraux, tandis que le marché régional reste sous tension. Parallèlement, «les besoins de financement bruts» demeurent élevés et devraient être partiellement comblés par «une nouvelle accumulation d’arriérés».
Des «carences persistantes en matière de gestion des finances publiques»
Au-delà des chiffres, cette notation reflète aussi des fragilités structurelles plus profondes. Fitch pointe des «carences persistantes en matière de gestion des finances publiques» et un environnement institutionnel marqué par «des capacités limitées, une application inégale de l’État de droit et un niveau de corruption élevé». Malgré une croissance attendue autour de «3,2 %» et des perspectives soutenues par l’investissement public, les risques restent orientés à la baisse, notamment en raison de déficits élevés et de la volatilité pétrolière. Dans ces conditions, la conséquence immédiate est que le Gabon devra emprunter à des conditions coûteuses, avec des «taux d’intérêt exorbitants». Toute chose qui pèsera durablement sur ses marges budgétaires et sa trajectoire économique.













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