La connexion aérienne entre Libreville et Casablanca vient d’être interrompue. Royal Air Maroc (RAM) a annoncé vendredi 23 mai la suspension provisoire de douze de ses liaisons internationales, dont la desserte Casablanca-Libreville, invoquant la flambée des prix du kérosène et un ralentissement de la demande sur certaines routes. La décision, officialisée par un communiqué de la compagnie marocaine, prend effet sans délai et sans date de reprise annoncée.

© Markus Mainka

 

La RAM n’est pas seule dans cette situation. Dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, l’ensemble du secteur aérien mondial subit une hausse exceptionnelle de ses charges d’exploitation liée au coût du carburant. La compagnie marocaine a fait le choix d’adapter temporairement ses capacités plutôt que de maintenir des rotations déficitaires.

L’Afrique centrale dans le viseur

La mesure frappe de plein fouet les liaisons vers l’Afrique centrale. Outre Libreville, cinq autres destinations au départ de Casablanca sont concernées : Bangui, Brazzaville, Kinshasa, Douala et Yaoundé. Ce sont donc l’ensemble des capitales d’Afrique centrale desservies par RAM qui se retrouvent, d’un coup, privées de leur connexion directe avec le hub de Mohammed V. La compagnie suspend par ailleurs deux lignes au départ de Tanger, vers Malaga et Barcelone, et quatre dessertes depuis Marrakech vers des villes européennes.

Pour les passagers gabonais qui empruntaient régulièrement la ligne Casablanca-Libreville, notamment pour rejoindre l’Europe via le hub marocain, la suspension impose de se retourner vers d’autres compagnies. Air France, Ethiopian Airlines ou Turkish Airlines proposent des connexions vers Libreville, mais à des tarifs et des fréquences différents.

Un retour conditionné à la conjoncture

Royal Air Maroc assure vouloir «mettre en œuvre toutes les dispositions nécessaires afin d’accompagner les clients concernés» et limiter les désagréments. La compagnie précise suivre «avec une grande attention l’évolution de la situation internationale» et s’engage à rétablir progressivement les lignes suspendues «dès que les conditions opérationnelles et économiques le permettront». Un engagement prudent, qui ne fixe aucun calendrier et laisse les voyageurs dans l’incertitude.

 
GR
 

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