Le 6ᵉ comité de pilotage du projet Gabon Infini a validé, jeudi 13 août à Libreville, le Plan de développement communautaire et de conservation, document appelé à encadrer la mise en œuvre du programme au cours des dix prochaines années. À terme, plus de 100 millions de dollars de financements philanthropiques doivent être investis dans le développement durable, la conservation et l’accompagnement des communautés locales, avec l’ambition de contribuer à la protection de 30 % des écosystèmes gabonais d’ici à 2030.

Un moment de la séance de travail. © Communication VPG

 

Réuni autour du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, le 6ᵉ comité de pilotage (COPIL) de Gabon Infini a validé le Plan de développement communautaire et de conservation, principal document devant orienter l’exécution du projet sur les dix prochaines années.

Les travaux ont réuni notamment le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat et du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, le ministre de l’Économie, Thierry Minko, ainsi que le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy. The Nature Conservancy (TNC), le Fonds de préservation de la biodiversité au Gabon (FPBG), le Conseil national climat (CNC), Wildlife Conservation Society (WCS) et Brainforest ont également pris part aux échanges.

Le plan de développement communautaire validé

Fruit d’un processus de formulation engagé en mai 2024, le Plan de développement communautaire et de conservation constitue désormais le socle opérationnel de Gabon Infini. Il repose sur quatre priorités : soutenir le développement communautaire, améliorer la gouvernance et la gestion des aires protégées, contribuer à la protection de 30 % des écosystèmes gabonais et mettre en place des mécanismes de financement innovants et durables.

Pour les autorités, l’enjeu consiste désormais à passer de l’ambition environnementale à une approche davantage intégrée, dans laquelle la conservation doit également produire des retombées économiques et sociales au bénéfice des populations.

« Protéger la nature ne doit pas signifier seulement figer nos ressources, mais créer des opportunités concrètes », a souligné Hermann Immongault. Selon le vice-président du gouvernement, le programme doit notamment favoriser « le développement de chaînes de valeur locales durables », améliorer les conditions de vie des populations rurales et transformer la biodiversité en « levier stratégique de croissance économique » pour le Gabon.

Plus de 100 millions de dollars sur dix ans

Au-delà de la validation du plan, le COPIL a permis d’avancer sur la finalisation des instruments devant encadrer le partenariat entre l’État gabonais, TNC et le FPBG.

« L’ensemble des documents de projet, à savoir l’accord légal, le manuel d’implémentation, le modèle financier et les jalons de suivi de projet, ont été revus par l’ensemble des parties prenantes », a indiqué le directeur pays de TNC, Stanislas Stephen Bouba.

Les différentes observations formulées doivent être intégrées avant une signature attendue dans les prochaines semaines. Le responsable de TNC précise que cette étape doit permettre de définir « les modalités d’exécution qui soient confortables pour le gouvernement gabonais, The Nature Conservancy et le Fonds de préservation de la biodiversité au Gabon ».

À terme, Gabon Infini doit permettre d’investir plus de 100 millions de dollars sur dix ans dans le développement durable du pays. Le programme vise notamment le développement communautaire, l’écotourisme, l’agriculture durable et la gestion inclusive des aires protégées.

Le projet ambitionne, plus largement, de mobiliser environ 200 millions de dollars sur sa durée, en combinant les financements domestiques portés par l’État et les contributions philanthropiques des donateurs.

Les communautés au cœur de la conservation

Pour le gouvernement, la réussite de cette stratégie dépendra toutefois de l’implication des populations vivant autour des espaces protégés. L’objectif affiché est de faire de la conservation un outil de développement plutôt qu’une contrainte supplémentaire pour les communautés rurales.

Maurice Ntossui Allogo a ainsi insisté sur la nécessité de soutenir le développement de chaînes de valeur locales, tout en renforçant la protection des populations confrontées aux conflits homme-faune.

« Nous devons soutenir le développement communautaire en favorisant le développement de la chaîne des valeurs et la protection de nos communautés face aux conflits homme-faune ; améliorer la gouvernance et la gestion des aires protégées ; assurer la protection de 30 % de nos écosystèmes », a-t-il déclaré.

Le ministre a également mis en avant le développement du tourisme et la création de mécanismes de financement innovants susceptibles d’assurer la pérennité du réseau gabonais d’aires protégées.

Un instrument au service de l’objectif des 30 %

Avec Gabon Infini, les autorités entendent donc accélérer la traduction financière et économique de l’engagement du Gabon à protéger 30 % de ses écosystèmes à l’horizon 2030.

Le programme s’inscrit, selon Hermann Immongault, dans les orientations du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Il doit permettre de concilier conservation de la biodiversité, développement des territoires ruraux et création de nouvelles sources de revenus.

Pour le gouvernement, la prochaine étape sera désormais la signature des documents contractuels et le lancement effectif de la mise en œuvre. Un passage attendu qui devra transformer les orientations validées lors de ce 6ᵉ COPIL en projets concrets pour les communautés et en mécanismes durables de financement de la conservation.

 
GR
 

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