Gabon : la GED amorce le basculement de l’administration vers le numérique
Le Gabon a abordé, ce mercredi 16 septembre à Libreville, une nouvelle phase dans la transformation numérique de son administration, avec le lancement officiel de la phase pilote de la Gestion électronique des documents (GED). Porté par le ministère de l’Économie numérique, sous la conduite de Mark-Alexandre Doumba, le dispositif est expérimenté au Secrétariat général du gouvernement (SGG) et à la Direction générale des examens et concours (DGEC). Pour le ministre, cette réforme traduit les instructions données en début d’année par le chef de l’État pour faire évoluer une administration encore largement dépendante du papier. «Il faut accélérer la digitalisation du papier, la digitalisation de la documentation en République gabonaise», a-t-il indiqué lors de ce lancement.

Le ministre Mark-Alexandre Doumba posant avec les responsables de l’ANINF, de la SGG, de la DGEC et les partenaires internationaux. © GabonReview
Libreville a officiellement lancé le projet pilote de Gestion électronique des documents (GED). Une réforme portée par le ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation. Sous l’impulsion du président de la République, qui avait constaté en janvier 2026 que «la gestion du papier, la gestion des courriers, était faite encore comme c’était le cas à l’âge de Pierre», cette initiative vise à accélérer la digitalisation de l’administration gabonaise.
Elle est développée par l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF), dirigée par Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux, dont la Banque mondiale.
Nécessité d’abandonner les solutions isolées
Pour les représentants de ces différentes institutions, la GED ne se résume pas à l’installation d’un logiciel. Elle s’inscrit dans un chantier plus large associant cadre juridique, archivage électronique, gestion électronique des courriers, signature électronique, identité numérique, infrastructures partagées et interopérabilité.
Dans ce sens, l’ordonnance n°0003/PR/2026 sur l’archivage électronique, désormais consolidée par le cadre législatif adopté, doit notamment encadrer la conservation, la classification et la destruction des documents numériques. Ainsi, Marck Ndoumba a souligné que «la digitalisation, c’est plusieurs choses», tandis que le directeur général de l’ANINF, Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, a insisté sur la nécessité d’abandonner les solutions isolées. «Nous ne voulons plus faire de digitalisation d’une manière isolée, d’une manière en silo», a-t-il déclaré.
Construire un socle numérique partagé, sécurisé et interopérable

Clichés du lancement de la GED. © GabonReview
L’objectif est de «construire un socle numérique partagé, sécurisé et interopérable auquel les différents ministères pourront progressivement se raccorder». Dès lors, le choix des deux administrations pilotes répond à des enjeux précis. À la DGEC, la dématérialisation doit permettre de traiter et conserver plus efficacement les importants volumes de dossiers liés notamment au baccalauréat et aux concours, collectés dans les neuf provinces puis centralisés à Libreville.
Outre le gain de stockage et de circulation, la GED doit préserver les parcours scolaires et administratifs des citoyens. «La digitalisation à travers la GED vient résoudre ce problème», a expliqué le DG de l’ANINF, en évoquant le risque de perte de documents au fil des années. Au SGG, point de convergence de nombreux actes administratifs, la GED doit sécuriser et fluidifier les circuits documentaires qui conditionnent des décisions concernant les agents publics, les administrations et, plus largement, les citoyens. Pour Abdu Razzaq Guy Kambogo, «ce n’est pas seulement une plateforme informatique, c’est une nouvelle façon de penser, de produire et de faire circuler la décision publique».
Faire émerger une administration moins dépendante du papier, plus traçable, plus sécurisée
La réussite du dispositif dépendra cependant moins de la technologie que de son appropriation par les agents. Des formations, dont une session intensive de sept jours consacrée au traitement des archives physiques, ont précédé le déploiement, tandis que l’ANINF associe archivistes, ingénieurs et métiers concernés pour adapter la solution aux réalités administratives. On indique de même que «la dématérialisation doit également réduire les coûts liés aux impressions, alors que des documents aujourd’hui produits sur ordinateur sont encore imprimés pour être signés avant d’être scannés et transmis».
«Nous dépensons des milliards de francs CFA chaque année juste dans l’impression du document», a alerté Mark-Alexandre Doumba, qui a annoncé, parallèlement, l’adoption prochaine d’un texte sur la signature électronique, les codes QR et les codes-barres. Pour le SGG, cette phase pilote constitue donc «la véritable épreuve». Il faudra mesurer les usages, corriger les insuffisances et transmettre les enseignements aux autres administrations. À terme, la GED ambitionne ainsi de faire émerger une administration moins dépendante du papier, plus traçable, plus sécurisée et davantage interconnectée, avec un déploiement progressif au reste des 29 ministères.
















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