Gabon : les éco-gardes au bord de la grève, jusqu’à 9 mois de salaires impayés
À Libreville, les éco-gardes tirent la sonnette d’alarme face à des mois d’arriérés de salaires. Entre silence administratif et menace de fermeture des parcs nationaux, la situation devient critique pour ces acteurs essentiels de la conservation.

Les éco-gardes menacent d’entrer en grève ce mercredi 22 avril 2026 après 9 mois de salaires impayés (photo d’archives). © D.R.
La tension monte chez les éco-gardes du Gabon. À Libreville, ces agents en première ligne dans la protection de la faune et des aires protégées dénoncent le non-paiement de leurs salaires, une situation qui les plonge dans une précarité grandissante.
Le 20 avril 2026, le secrétaire général de leur syndicat, Sosthène Ndong Engonga, a brisé le silence pour alerter l’opinion. Selon lui, aucun progrès notable n’a été enregistré malgré les multiples interpellations. «Les problèmes sont les mêmes, il n’y a pas eu d’avancées. À ce jour, certains cumulent trois mois d’impayés, d’autres jusqu’à neuf mois. Et neuf mois sans salaire, c’est inacceptable», a-t-il déclaré sur Radio Gabon.
Au-delà des retards de paiement, les éco-gardes déplorent surtout l’absence totale de communication avec leur hiérarchie. «Nous n’avons pas d’interlocuteur. Le syndicat est contraint de se tourner vers le Trésor public pour obtenir des informations. Pourtant, notre tutelle semble bien informée», a-t-il ajouté, pointant un manque de transparence et de suivi administratif.
Face à cette impasse, les agents en appellent directement au chef de l’État. Ils rappellent notamment l’engagement présidentiel visant à intégrer le personnel de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) à la fonction publique, une mesure censée résoudre durablement les problèmes de rémunération.
Vers la fermeture des 13 parcs du pays
Mais faute de réponse concrète, le ton se durcit. Les éco-gardes menacent d’entrer en grève dès mercredi si aucune solution n’est trouvée d’ici mardi. Une décision lourde de conséquences : «Nous allons fermer les 13 parcs nationaux du pays, ce qui laissera malheureusement le champ libre aux braconniers», a averti Sosthène Ndong Engonga.
Ce mouvement, s’il se concrétise, serait le premier en 2026, mais s’inscrit dans une série de mobilisations récurrentes. Déjà en 2021, 2022 et 2024, les éco-gardes avaient observé des grèves pour les mêmes revendications, organisant notamment des piquets devant le siège de l’ANPN et dans certains parcs emblématiques, comme celui de la Lopé.
Aujourd’hui, au-delà des revendications salariales, c’est toute la politique de conservation qui se retrouve fragilisée par cette crise sociale persistante.













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