Gabon : les forêts de l’Ogooué-Ivindo au cœur d’un débat sur la durabilité et le patrimoine culturel
Lors d’une table ronde à l’Institut français (IFG), la question de la durabilité et de la préservation du patrimoine culturel et social des forêts de l’Ogooué-Ivindo a été au centre des échanges, lundi 17 novembre 2025, à Libreville. Il s’est agi de s’interroger sur la façon de trouver un équilibre entre la transformation économique, la préservation de l’environnement et la sauvegarde du patrimoine culturel.

Les panélistes lors de débat sur la durabilité et le patrimoine culturel, le 17 novembre 2025 à Libreville. © AGP
Organisée en partenariat avec l’Université Omar Bongo et le Cenarest, cette rencontre a marqué la clôture de deux années de recherches menées dans le cadre du projet «La vie sociale des forêts ogivines». Le projet inscrit dans le programme de Recherche appliquée en écologie et en sciences sociales (RESSAC) visant la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale était piloté par Syforcraft avec le soutien de l’Union européenne.
Au cours des échanges, la Dre Constance Perrin-Joly, directrice du Centre français des études éthiopiennes, a souligné que la forêt dans l’Ogooué-Ivindo est bien plus qu’une simple zone de production : « C’est un espace de vie, d’attachement, de mémoire et de symboles ». En outre, les intervenants ont exploré les mutations sociales observées dans cette région sous l’angle de la durabilité.
Dans cette dynamique, la représentante de GSEZ, Sylvie Boldrini, a expliqué que la durabilité peut être une identification des risques environnementaux pour développer des plateformes industrielles qui créent de la valeur ajoutée et des emplois, tout en promouvant le développement durable. Elle a appelé à un renforcement des partenariats entre entreprises, chercheurs et cabinets d’études.

Une vue de l’assistance. © AGP
Quant à la directrice d’Insuco Gabon, Sandrine Biau-Lalanne, elle a expliqué que son cabinet intègre la durabilité via les Études d’impacts environnementaux et sociaux (EIES), en utilisant notamment des cartographies participatives pour une meilleure compréhension des pratiques socioculturelles. L’anthropologue Dr Etienne Bourel a rappelé que les populations locales intègrent déjà la durabilité dans leurs pratiques. Il a néanmoins insisté sur les attentes liées à l’amélioration des conditions de vie, le respect du Code forestier national et l’importance des projets communautaires financés par les fonds dédiés.
Concilier économie, environnement et culture
Le représentant de l’ONG Conservation justice et nature+ (Gabon), Carl Moumbogou, a mis en lumière l’efficacité des techniques traditionnelles et ancestrales des communautés en matière de pratiques durables. Toutefois, les panélistes ont identifié un défi majeur : la superposition des permis forestiers et miniers avec l’orpaillage artisanal. Ils ont collectivement appelé à trouver un équilibre entre la transformation économique, la préservation de l’environnement et la sauvegarde du patrimoine culturel de la région.
Thécia Nyomba (Stagiaire)
















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