Face à l’étroitesse croissante des marges de manœuvre budgétaires, aggravée par un niveau d’endettement jugé préoccupant, le président de la République a ordonné l’accélération de la digitalisation de la collecte des recettes publiques. Au centre de cette transformation, le Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFiP), appelé à devenir dès janvier 2026 la plateforme unique de pilotage des recettes et dépenses de l’État. Cette réforme, considérée comme structurante, vise la transparence, la soutenabilité et la crédibilité de l’action financière publique.

Les membres du comité de pilotage du SIGFiP lors de la deuxième réunion pour examiner l’état d’avancement du projet, spécifiquement sur le module 1, premier jalon devant être livré le 15 décembre 2025. © D.R.

 

Lors du Conseil des ministres du 4 décembre dernier, abordant la situation des finances publiques, le Chef de l’État a demandé au ministre d’État en charge de l’Économie d’accélérer la mise en œuvre du SIGFiP. Cette décision intervient dans un contexte où le service de la dette et la pression sur les finances de l’État réduisent considérablement la capacité d’action budgétaire, rendant indispensable une optimisation rapide et fiable de la mobilisation des ressources nationales.

Le SIGFiP, présenté comme la colonne vertébrale de la modernisation de l’administration financière, doit regrouper sur une plateforme unique adossée au Trésor public l’ensemble des paiements fiscaux, parafiscaux, douaniers, ainsi que les dépenses de fonctionnement, d’investissement et de dette. À partir de 2026, impôts, douanes, recettes non fiscales, exécution budgétaire et marchés publics seront ainsi traités dans un écosystème numérique intégré.

L’ambition affichée est celle d’une digitalisation totale : des recettes jusqu’au paiement des dépenses, en passant par le contrôle budgétaire, la gestion des marchés publics, la dette et le suivi du patrimoine de l’État. Grâce à l’automatisation des rapprochements, à la traçabilité renforcée et à la réduction des manipulations manuelles, le SIGFiP doit éliminer les risques de double paiement, limiter les régies parallèles et renforcer la discipline budgétaire.

Le dispositif prévoit des validations électroniques, des contrôles systématisés, une centralisation des données et des alertes en temps réel pour les décideurs. La plateforme permettra également un suivi plus rigoureux des marchés publics, depuis l’attribution jusqu’au paiement, améliorant ainsi la transparence et la cohérence dans l’exécution de la dépense publique. Des modules additionnels viendront progressivement enrichir l’écosystème, notamment pour la signature électronique, le reporting et les tableaux de bord stratégiques.

Pour le gouvernement, l’opérationnalisation rapide du SIGFiP répond à un double enjeu : restaurer l’orthodoxie budgétaire et rassurer les partenaires techniques et financiers. En offrant une visibilité instantanée sur les flux financiers, l’État espère améliorer la prévision de trésorerie, réduire les arriérés de paiement et renforcer la confiance des citoyens dans la gestion de l’argent public des prérequis essentiels dans un contexte économique marqué par des contraintes budgétaires persistantes.

L’exigence présidentielle place désormais cette réforme au rang de priorité nationale, avec une échéance claire : rendre la gestion publique plus rapide, plus transparente et mieux contrôlée dès 2026.

 
GR
 

2 Commentaires

  1. Akoma Mba dit :

    L’endettement du Gabon se trouve dans les banques suisses et paradis fiscaux. Les Bongo famille et leurs acolytes qui continuent au pouvoir devraient rappatriers tout l’argent détourné sans aucun développement
    Ni routes, ni autoroutes, ni eau, ni électricité, développement mais un pays de pauvres.
    Arrêtez votre cirque. Arrêtez de prendre les gabonais pour des cancres Messieurs de la soit-disant Cinquième République.
    Des ministres qui volent et le Président de la République n’est au courant de rien? Enfin donc « plus bête qu’un Gabonais tu meurs?

  2. Jean Jacques dit :

    On dit la fonction publique est SATUREE, vos bras cassés qui sont là à la fonction publique ils connaissent quoi dans les TIC?

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