Gabon : un portefeuille de 658,6 millions de dollars encore freiné par les lenteurs d’exécution, la BAD contre-attaque
Confronté à des retards d’exécution persistants malgré une amélioration récente de certains indicateurs, le portefeuille du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) au Gabon fait l’objet d’une attention particulière. Pour améliorer la mise en œuvre des projets financés dans le pays, l’institution panafricaine a récemment organisé à Libreville un atelier de renforcement des capacités institutionnelles et une clinique fiduciaire destinés aux principaux acteurs impliqués dans leur gestion.

Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et le président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, en décembre 2025, à Libreville. © Communication présidentielle
Avec neuf projets, quatorze instruments de financement et une enveloppe globale de 658,62 millions de dollars américains au 30 juin 2026, le portefeuille du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) au Gabon demeure un levier majeur du financement du développement. Les opérations souveraines représentent 86 % de sa valeur, contre 14 % pour les opérations non souveraines.
Mais derrière ces chiffres se cachent des difficultés d’exécution qui continuent de peser sur les performances des projets. La revue du portefeuille réalisée en juin 2026 fait état d’un taux de décaissement cumulé de seulement 29,5 %, d’un âge moyen des projets de 6,3 ans et d’un portefeuille encore marqué par un niveau élevé de projets à risque, même si celui-ci est passé de 67 % en janvier à 38 % en juin 2026.
C’est dans ce contexte que le bureau pays de la BAD au Gabon, avec l’appui de son département chargé du Renforcement des capacités, des services Fiduciaires, du Contrôle financier, du département Qualité, Résultats et Suivi ainsi que du bureau régional pour l’Afrique centrale, a organisé du 27 au 31 juillet 2026, en partenariat avec le gouvernement gabonais, un atelier de renforcement des capacités institutionnelles assorti d’une clinique fiduciaire.
Renforcer la maîtrise des procédures pour accélérer les projets
Organisée à Libreville du 27 au 31 juillet, cette session de formation a réuni une quarantaine de participants issus des unités de gestion des projets financés par la BAD, de la Cour des comptes ainsi que des ministères de l’Industrie et de la Transformation locale, du Budget et de l’Agriculture. L’objectif était de consolider les compétences techniques, fiduciaires et opérationnelles des équipes nationales afin d’améliorer la qualité de l’exécution des projets et d’accroître leur impact sur les populations.
Les participants ont notamment été formés aux procédures de passation des marchés, à la gestion financière, aux décaissements, au suivi-évaluation ainsi qu’à la gestion du cycle des projets, autant de domaines identifiés comme déterminants pour améliorer la performance du portefeuille.

Photo de famille avec les experts-formateurs du Groupe de la BAD, ainsi que les participants à l’atelier de renforcement des capacités institutionnelles et à la clinique fiduciaire. © BAD
Au nom du responsable du bureau pays de la BAD au Gabon, le chargé de programmes pays, Minkailou Halidoule Touré, a rappelé que cette clinique fiduciaire répond directement aux enseignements tirés de la récente revue du portefeuille. «La revue du portefeuille a mis en exergue la nécessité de renforcer la maîtrise des règles et procédures de la Banque en matière d’acquisition, de gestion financière, de décaissement et de suivi-évaluation», a-t-il souligné.
Il a également réaffirmé «l’engagement de l’institution à accompagner les acteurs des projets pour une utilisation efficiente et efficace des ressources mises à la disposition du pays afin de réaliser des projets de développement».
Lever les blocages identifiés
Les échanges entre experts de la Banque et responsables nationaux ont permis d’identifier plusieurs facteurs expliquant les contre-performances observées sur certains projets.
Parmi les difficultés recensées figurent les retards dans la passation des marchés, les lenteurs liées aux décaissements, les insuffisances dans la planification opérationnelle, la qualité parfois insuffisante des dossiers transmis à la Banque, les retards dans la production des rapports d’audit ainsi que les faiblesses relevées en matière de suivi-évaluation.
Au-delà de la formation, cette clinique fiduciaire vise donc à harmoniser les pratiques, à améliorer la conformité des procédures et à réduire les délais d’exécution des projets financés par la BAD.
Vers une meilleure performance du portefeuille
Les organisateurs estiment que les acquis de cet atelier devraient contribuer à renforcer la capacité d’absorption des financements, accélérer les décaissements et améliorer durablement l’efficacité des interventions de la Banque au Gabon.
Les recommandations formulées à l’issue des travaux alimenteront les futurs appuis techniques de la BAD et viendront soutenir la mise en œuvre du Plan d’amélioration de la performance du portefeuille, considéré comme un outil essentiel pour accroître l’impact des projets sur le développement économique et social du Gabon.















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