Gabon : un projet à 1,5 million de dollars pour renforcer la lutte contre le Conflit Homme-Faune
Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, a lancé ce 29 juin 2026 à Mveng Ayong, dans le département du Komo-Kango, un projet financé par le Fonds Cadre Mondial pour la Biodiversité (GBFF). Cette initiative vise à protéger les écosystèmes tout en apportant des solutions concrètes aux communautés rurales confrontées aux incursions des éléphants dans leurs plantations.

Le ministre Maurice Ntossui Allogo procédant à l’installation de barrière électrique avec les bénéficiaires, le 29 juin 2026. © GabonReview
Face à l’intensification du conflit entre les populations rurales et la faune sauvage, le Gabon renforce son dispositif d’intervention. C’est dans cette dynamique que le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, a procédé au lancement officiel du projet adossé au Fonds Cadre Mondial pour la Biodiversité (Global Biodiversity Framework Fund – GBFF), au village Mveng Ayong, dans le département du Komo-Kango.
Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (GEF-7), à travers le World Wildlife Fund United States (WWF-US), avec l’appui technique de l’ONG The Nature Conservancy (TNC) chargée de sa mise en œuvre, ce programme ambitionne de concilier conservation de la biodiversité et amélioration des conditions de vie des populations locales. «Il y a des pachydermes qui impactent la vie économique des communautés rurales, essentiellement sur les plantations et l’agriculture. C’est dans ce cadre que nous venons ici appuyer d’un fonds, le Fonds cadre mondial de la biodiversité, pour renforcer les capacités de lutte ou d’atténuation du conflit Homme-Faune», a expliqué Maurice Ntossui Allogo.
Des barrières électriques pour protéger les cultures
Inscrit dans l’engagement du Gabon à préserver au moins 30 % de ses écosystèmes terrestres, marins et d’eaux douces d’ici 2030, le projet constitue une réponse aux défis liés au Conflit Homme-Faune, particulièrement aux dégâts causés par les éléphants dans les zones agricoles. Mveng Ayong a été choisi comme site pilote. «Si ça marche, et ça devrait marcher, on va l’étendre sur l’ensemble du territoire», a indiqué le ministre, précisant que le financement mobilisé s’élève à environ 1,5 million de dollars, soit près de 900 millions de francs CFA.
Ces ressources permettront notamment de renforcer l’installation de barrières électriques destinées à sécuriser les plantations et les denrées agricoles. Elles viendront également compléter les appuis déjà mobilisés à travers les fonds CAFI et TNC dans le cadre de la stratégie gouvernementale de gestion du Conflit Homme-Faune. «Les barrières électriques sont gratuites. Il n’y a rien à payer. Les populations doivent simplement faire une demande. Mais nous insistons pour qu’elles s’organisent en coopératives afin d’assurer une meilleure efficacité et une plus grande couverture», a souligné Maurice Ntossui Allogo.
Une approche basée sur la coexistence

Quelques étapes de la cérémonie. © GabonReview
Au-delà des équipements de protection, le projet prévoit un accompagnement durable des communautés situées autour des zones à forte pression faunique. Les sites prioritaires concernés incluent notamment les parcs nationaux des Monts de Cristal, de Minkébé, de Mayumba et de Loango. À terme, l’objectif est d’intégrer la stratégie nationale de gestion du Conflit Homme-Faune dans le mécanisme financier «Gabon Infini», tout en favorisant une coexistence équilibrée entre les populations et la faune sauvage.
Pour Aubin Fernand Eye Nze, président du Conseil départemental du Komo-Kango, cette initiative répond aux attentes des communautés. Le projet incarne, selon lui, «une conservation qui ne s’oppose pas aux hommes, mais qui s’appuie sur eux».
Un partenariat pour une conservation durable
À l’issue de l’installation symbolique des premières clôtures électriques, The Nature Conservancy a remis des véhicules de terrain au ministre afin d’appuyer les brigades chargées de l’atténuation du conflit Homme-Faune dans les zones d’intervention. «The Nature Conservancy est fière d’appuyer le gouvernement dans le lancement de cette initiative qui traduit notre engagement à promouvoir un modèle de conservation durable, où les communautés vivent en sécurité autour des aires protégées et où la faune, patrimoine naturel du Gabon, est préservée pour les générations futures», a déclaré Stanislas Stephen Mouba, directeur pays de TNC.
Selon ce dernier, le projet est prévu pour une durée initiale de deux ans. Cette phase pilote devra permettre d’évaluer les mécanismes mis en place afin de préparer un programme plus large sur dix ans, intégrant la gestion du conflit Homme-Faune, mais aussi la valorisation du capital naturel au bénéfice des communautés.
La cérémonie a réuni les principales parties prenantes, notamment les responsables de la Direction générale de la Faune et des Aires protégées (DGFAP), de la Direction générale de l’Environnement et de la Protection de la Nature (DGEPN), de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), ainsi que les autorités administratives locales et les représentants des communautés. Les organisations de conservation, parmi lesquelles WWF-Gabon, Wildlife Conservation Society (WCS) et Space for Giants (SFG), ont également marqué leur présence, confirmant la volonté d’une action collective pour préserver la biodiversité gabonaise tout en protégeant les moyens de subsistance des populations rurales.















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