Réunis ce lundi 8 juin 2026 à Libreville dans le cadre de la session annuelle du dialogue de partenariat stratégique entre le Gabon et l’Union européenne, les responsables gabonais et européens ont affiché leur volonté commune de refonder leur coopération. Au cœur des échanges : la consolidation de la démocratie gabonaise, la transformation économique, la transition écologique et la promotion d’un partenariat davantage fondé sur l’investissement que sur l’aide au développement.

Les travaux sont présidés par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie. © Communication VPG

 

Le Gabon et l’Union européenne ont ouvert, ce lundi 8 juin 2026 au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba de Libreville, la session 2026 de leur dialogue de partenariat stratégique. Présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, représentant le président de la République, et l’ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie, cette rencontre de haut niveau marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux partenaires.

Deux ans après les dernières assises et plus d’un an après l’élection présidentielle d’avril 2025 ayant conduit à l’instauration de la Ve République, le Gabon a profité de cette tribune pour présenter les avancées de ses réformes institutionnelles et réaffirmer sa volonté de bâtir une coopération davantage orientée vers les investissements productifs.

Les discussions ont porté sur plusieurs thématiques majeures, notamment les réformes politiques et la gouvernance, les perspectives économiques, l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles, ainsi que la coopération multilatérale et régionale. La rencontre a réuni l’ensemble des ambassadeurs résidents et non-résidents de l’Union européenne ainsi que les membres du gouvernement gabonais.

Dans son allocution d’ouverture, Hermann Immongault a souligné l’entrée du pays dans une nouvelle phase de son histoire politique.

« Nous avons, en effet, définitivement achevé la phase de Transition et engagé, depuis l’élection présidentielle du 12 avril 2025, une nouvelle dynamique institutionnelle marquée par l’édification de la Ve République », a-t-il déclaré.

Le vice-président du gouvernement a présenté cette nouvelle étape comme celle de la responsabilité, de la transparence et de la redevabilité, avec pour ambition de moderniser l’administration publique, renforcer l’État de droit et améliorer l’attractivité économique du pays.

Du modèle d’aide au partenariat économique

Quelques-uns des diplomates européens présents. © Communication VPG

L’un des messages forts portés par la partie gabonaise concerne l’évolution du cadre de coopération avec l’Union européenne. S’appuyant sur l’Accord de Samoa, qui régit désormais les relations entre l’Union européenne et les États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, Libreville plaide pour un changement de paradigme.

« Pour le Gabon, cette ambition repose sur une orientation claire : passer progressivement d’une logique principalement fondée sur l’aide et l’accompagnement, à une logique de partenariat économique structurant, fondé sur l’investissement, la création de valeur locale, le transfert de compétences et le développement du capital humain », a affirmé Hermann Immongault.

Cette orientation s’inscrit dans la stratégie de transformation économique du pays, qui vise notamment à renforcer les capacités industrielles locales et à favoriser la création d’emplois durables.

Un plaidoyer pour la valorisation des services écologiques du Gabon

La question environnementale a également occupé une place importante dans les échanges. Le gouvernement gabonais a rappelé le rôle majeur joué par le pays dans la préservation des écosystèmes forestiers du bassin du Congo et dans la lutte contre le changement climatique.

Estimant que les efforts consentis par les États fortement engagés dans la protection de l’environnement doivent être davantage reconnus, le vice-président du gouvernement a plaidé pour le développement de mécanismes internationaux de financement de la transition écologique.

« La préservation de cette richesse n’est pas seulement une politique nationale. Elle constitue un enjeu global qui appelle une reconnaissance plus juste des efforts consentis par les pays qui en assurent la protection effective », a-t-il souligné.

Sur les questions de sécurité et de coopération régionale, le Gabon a réaffirmé son attachement au multilatéralisme et son engagement en faveur de la stabilité de l’Afrique centrale, notamment à travers la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et l’Union africaine.

De son côté, l’ambassadrice de l’Union européenne, Cécile Abadie, a salué la qualité des relations entre les deux partenaires et exprimé la volonté de l’Union européenne d’adapter ses instruments de coopération aux nouvelles ambitions du Gabon. Elle a notamment insisté sur la nécessité de construire un « partenariat renouvelé », davantage tourné vers les opportunités économiques et les intérêts mutuellement bénéfiques.

Les travaux de cette session doivent se poursuivre à travers plusieurs échanges bilatéraux destinés à approfondir les axes de coopération et à définir les contours d’une relation que Libreville et Bruxelles souhaitent plus équilibrée, plus exigeante et résolument tournée vers l’avenir.

 
GR
 

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