La préparation de la campagne nationale de communication sur la coexistence homme-éléphant au Gabon a été au cœur d’une nouvelle rencontre, ce vendredi 21 novembre, à Libreville, avec l’atelier de validation des lignes directrices de cette opération. Initié par la Wildlife Conservation Society (WCS) en partenariat avec le ministère des Eaux et Forêts chargé du Conflit homme-faune (CHF), l’ONG Space for Giants, ainsi que d’autres acteurs locaux, ce projet de deux ans, financé par l’Initiative pour les forêts d’Afrique centrale (Cafi1), vise à renforcer la coexistence pacifique entre les communautés humaines et les éléphants de forêt, une espèce emblématique du pays.

Le Dr Steeve Nguema lors de son exposé à l’atelier de validation des lignes directrices de la campagne nationale de communication. © GabonReview

 

À la suite du rendez-vous du 11 novembre dernier consacré aux travaux préliminaires à la campagne nationale de la sensibilisation communautaire sur la coexistence homme-éléphant, un autre atelier a eu lieu, ce vendredi 21 novembre, à Libreville. Ouvert par le représentant de la direction générale de la Faune et des Aires protégées (DGFAP), Clotaire Moukegni Sika, il a été consacré à la validation des lignes directrices de cette campagne. 

Promouvoir une meilleure compréhension mutuelle

Le Gabon abrite l’une des plus importantes populations d’éléphants de forêt d’Afrique centrale, essentiels à la régénération des forêts tropicales et au bon fonctionnement des écosystèmes. Cependant, l’expansion des activités agricoles et la fragmentation des habitats ont intensifié le conflit homme-éléphant (CHE). Ce qui provoque des pertes agricoles, un sentiment d’insécurité et des représailles qui fragilisent les relations entre communautés et autorités. Face à ces défis, la campagne ambitionne donc de promouvoir une meilleure compréhension mutuelle, en sensibilisant sur le rôle écologique des éléphants et sur les pratiques de prévention des conflits.

Le représentant de la direction générale de la Faune et des Aires protégées (DGFAP), Clotaire Moukegni Sika et les participants. © GabonReview

Le directeur de l’Institut de recherche agronomique et forestière (Iraf) et représentant du Centre national de la recherche scientifique et technologique (Cenarest), le professeur Christophe Roland Nzinga Koumba, a indiqué que «le conflit homme-éléphant a une place centrale dans nos préoccupations, tant il affecte la sécurité alimentaire et la conservation de notre patrimoine naturel». Il a de même insisté sur la nécessité d’une communication cohérente et partagée entre tous les acteurs pour renforcer la campagne.

Il est alors question d’organiser avec les parties prenantes une synthèse pour adopter la liste des thématiques de sensibilisation, des audiences cibles et des produits de sensibilisation à développer. 

Fédérer tous les acteurs autour d’un message commun et d’actions concertées, plutôt que des initiatives isolées

De son côté, le représentant de la direction générale de la Faune et des Aires protégées (DGFAP), Clotaire Moukegni Sika, s’est appesanti sur la dimension stratégique des lignes directrices adoptées lors de l’atelier. «Ces lignes directrices seront le socle de la campagne nationale de communication, à déployer dans les zones rurales, urbaines et auprès des jeunes générations», a-t-il précisé. Il a également rappelé les efforts faits pour associer un large panel d’acteurs, allant des chercheurs aux représentants communautaires, afin d’élaborer un outil adapté aux réalités du terrain et aux besoins des populations.

Pour le chercheur à l’IRF-Cenarest et directeur scientifique à l’ONG Scoop C-Lab, le Dr Steeve Nguema, il a évoqué les objectifs spécifiques de la campagne. «L’objectif est de fédérer tous les acteurs autour d’un message commun et d’actions concertées, plutôt que des initiatives isolées», a-t-il expliqué. Il est revenu sur la nécessité de diffuser largement des informations sur les mesures gouvernementales de soutien aux populations affectées, comme l’initiative des clôtures électriques, tout en sensibilisant sur les causes du conflit. Grâce à ce travail collectif financé par Cafi1, le Gabon entend ainsi renforcer sa position de leader en matière de conservation en Afrique centrale.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Dikando dit :

    Il y a actuellement trop d’éléphants dans nos forêts . Plus de 100.000 éléphants c’est excessif !
    Le Gabon doit réguler cette population d’éléphants.
    C’est ce que fait actuellement le Japon avec les Ours qui attaquent les populations. Ils ont mobilisé l’armée et abattu 4600 Ours sur une population de 50.000 individus.
    Il faut arrêter avec la propagande de ces ONG et autres sur l’éléphant qui serait le jardinier de la forêt.
    Ma question est: comment se régénère l’Amazonie où il n’y a pas d’éléphants ?!
    L’éléphant est très intelligent. Il s’éloigne de l’Homme si un membre du groupe est abattu.
    Nous sommes sous peuplés et nous ne mettons pas la pression à leur habitat. Ce sont les éléphants qui se rapprochent des villages !
    Il y en a trop et ce ne sont pas des jardiniers mais des destructeurs de récoltes et des menaces vitales pour les paysans et tous ceux qui aiment l’agriculture au Gabon .

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